Kinshasa | Délibéré attendu pour Nathanaël Onokomba à la prison de Ndolo, entre enjeux de cyberdéfense et liberté d’expression

Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe rendra, ce vendredi 15 mai 2026, une décision déterminante pour Nathanaël Onokomba Shako. Détenu depuis décembre dernier, l’activiste attend de savoir s’il bénéficiera d’une liberté provisoire, alors que sa défense conteste la compétence même de la juridiction militaire et la validité des preuves fournies par les services de cyberdéfense.

C’est dans l’enceinte de la prison militaire de Ndolo, lors d’une audience foraine prévue à 10 heures, que le tribunal se prononcera sur trois points charnières du dossier Onokomba. Outre la demande de mise en liberté provisoire, les juges doivent statuer sur l’exception d’incompétence soulevée par le collectif de défense, dirigé par Maître Godefroy Mwanabwato. Les avocats plaident que leur client, civil de son état, ne devrait pas être jugé par une cour militaire, tout en exigeant l’annulation des procès-verbaux établis par le Centre National de Cyberdéfense (CNC), qu’ils estiment entachés d’irrégularités procédurales.

Nathanaël Onokomba est poursuivi pour des griefs particulièrement sensibles dans le contexte actuel de l’Est de la République démocratique du Congo. La justice lui reproche d’avoir tenu des propos visant à nier ou minimiser l’agression rwandaise via les rebelles de l’AFC/M23. Ces déclarations, qualifiées par l’accusation de « négationnistes » face aux crimes de guerre perpétrés dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, placent l’affaire au cœur du débat sur les limites de la liberté d’expression en période de conflit armé.

De la Tshangu à Ndolo : un parcours sous surveillance
Figure originaire du district de la Tshangu, Nathanaël Onokomba a vu son destin basculer en décembre dernier. Interpellé à l’issue d’une conférence dans la commune de Ngaliema, il a d’abord été maintenu dans les geôles du Conseil national de cyberdéfense avant son transfert, en janvier, vers la prison de Ndolo. Ce passage par les services de renseignement technique souligne l’importance accordée par les autorités à la surveillance des discours numériques et publics, dans une stratégie de lutte contre la désinformation et l’apologie de la rébellion.

Willy Ulengu Samuanda

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