RDC | L’absence de Constant Mutamba au procès Frivao pour la deuxième fois crispe les débats

Attendu ce 19 mai devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, l’ancien garde des Sceaux ne s’est pas présenté. Le ministère public dénonce une attitude de défi, tandis que les juges poursuivent l’instruction sur le détournement présumé de 50 millions de dollars.

Le bras de fer entre Constant Mutamba et la justice congolaise se durcit. Pour la deuxième fois consécutive, l’ancien ministre de la Justice a brillé par son absence à l’audience de la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe. Au cœur de l’affaire : la gestion du Fonds d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (Frivao), dont une partie des fonds plus de 50 millions de dollars aurait été détournée.

Le récit de la matinée a été marqué par le rapport du ministère public. Selon l’organe de poursuite, l’ancien ministre aurait non seulement refusé de recevoir sa convocation, mais aurait également tenu des propos acerbes à l’encontre de l’officier notificateur. Le parquet rapporte des déclarations aux accents politiques, l’ex-garde des Sceaux ayant évoqué sa résistance passée face à Corneille Nangaa ou Joseph Kabila, tout en affirmant détenir des « secrets » sur la marche du pays.

Pour l’accusation, ces propos constituent une « défiance manifeste » envers l’institution judiciaire. Le parquet a d’ailleurs officiellement contesté le certificat médical produit par la défense, arguant que la vigueur des échanges rapportés par le colonel notificateur contredit l’incapacité physique alléguée par les avocats de M. Mutamba.

Malgré cette chaise vide, la Cour a maintenu le cap de l’instruction. La séance a été consacrée à l’audition des représentants de la Rawbank. L’établissement bancaire est sous les projecteurs pour son rôle dans le transit des flux financiers suspects. Les juges cherchent à vérifier les déclarations de Chansar Malekera, directeur général intérimaire du Frivao, qui soutient avoir agi sous les « instructions verbales » directes de l’ancien ministre pour certains paiements litigieux.

L’enjeu de ce procès dépasse la simple querelle de procédure. Il s’agit de la crédibilité du mécanisme de réparation pour les victimes des exactions ougandaises en RDC. Le Frivao, alimenté par les indemnités versées par Kampala suite à l’arrêt de la Cour internationale de Justice (CIJ), est censé soulager les plaies des populations meurtries. Le témoignage de Constant Mutamba reste, pour la Cour, la pièce manquante pour établir la chaîne de responsabilité dans l’évaporation de ces fonds.

Divine Atante

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