
Après plus d’un mois de grève dans les écoles publiques d’Inongo, le gouvernement provincial du Maï-Ndombe tente de remettre les élèves en classe. Le ministre provincial de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Justin Molapi Iyolo, a ordonné la reprise des cours dès ce lundi 19 octobre 2026 et dissous le comité provisoire de l’intersyndicale des enseignants de Maï-Ndombe 1. Une décision que les responsables syndicaux contestent.
Dans un arrêté signé le 13 octobre, le ministre provincial reproche au comité provisoire son « incompétence », un manque de collaboration, de négociation et de management, ainsi qu’un dépassement de ses compétences. Il interdit également à toute structure syndicale de représenter les enseignants jusqu’à l’organisation d’élections devant conduire à la mise en place d’un comité définitif.
Parallèlement, une note circulaire ordonne la levée de la grève. Le ministre invoque la nécessité de préserver l’année scolaire 2026-2027 et fait état d’avancées dans les démarches engagées pour le paiement des arriérés de salaires. Des sanctions administratives sont annoncées contre les gestionnaires d’écoles qui ne se conformeraient pas à cette décision.
Mais le bras de fer est loin d’être terminé.
Gédéon Mfuba Bompagne, président de l’intersyndicale dissoute, conteste la compétence du ministre pour prendre une telle mesure. Selon lui, le gouvernement provincial et les syndicats sont des partenaires et non des structures placées dans un rapport hiérarchique.
« Le ministre n’a pas qualité de dissoudre l’intersyndicale », soutient-il, estimant que l’éventuelle remise en cause du comité devrait relever des instances syndicales elles-mêmes.
Au-delà de ce conflit de compétence, la revendication à l’origine de la crise reste entière : le paiement des salaires de décembre 2025 et janvier 2026. Dès la fin août, les enseignants avaient averti qu’ils boycotteraient la rentrée si ces deux mois d’arriérés n’étaient pas réglés. La grève est effectivement observée depuis le 1er septembre dans plusieurs écoles publiques d’Inongo.
La journée de lundi devient ainsi un test : l’ordre administratif de reprise des cours suffira-t-il à mettre fin à une grève dont la principale revendication reste salariale ?
ANASTASIE MIMBOLO