
À travers le financement de la Banque mondiale, à l’appui de l’État congolais et sous la coordination technique de l’Unité de Coordination du Projet Transforme (UCP-Transforme), 250 femmes ont été formées pendant trois mois au centre scolaire Gamaliel, dans la commune de la N’sele, dans la ville de Kinshasa.
C’est un projet structurant que l’UCP-Transforme a initié et réalisé sur le terrain, en ciblant directement ces femmes issues de milieux modestes, pour les accompagner vers l’autonomisation, la connaissance de soi et l’entrepreneuriat de croissance.


Au cours de la clôture dans la salle de cérémonie de l’école Gamaliel, à Mpasa II (commune de la N’sele) ce samedi 14 juin, se sont réunies les 250 participantes. Trois mois de formation se sont achevés, et c’est un souffle nouveau qui traverse cette périphérie de la ville de Kinshasa, souvent oubliée des politiques publiques. L’initiative était une formation en “initiative personnelle”, portée par le site Maluku–N’sele et animée, du début à la fin, par Judith Nkoy Banawela, consultante et formatrice FIP, engagée dans l’autonomisation féminine locale.
Devant ce public de près de 300 personnes – bénéficiaires, familles, invités et partenaires –, la cérémonie a été à la fois simple et dense : témoignages, projections, scènes jouées, chants, et surtout, beaucoup de gratitude.


Judith Nkoy Banawela, colonne vertébrale du programme, a été longuement ovationnée par les participantes. C’est elle qui, depuis le 24 mars, a encadré plus de 250 femmes, six jours sur sept, les formant aux bases de l’entrepreneuriat, à la gestion financière, à la planification personnelle.
« Je serai ingrate si je ne remercie pas Dieu. Être debout devant vous pendant trois mois, ce n’était pas rien. Vous m’avez rendue forte, vous m’avez permis de bien vous former », a-t-elle déclaré.
Et d’ajouter :
« Cette formation, ce n’est pas qu’un bout de papier. C’est un passeport. Montrez vos brevets. Ils sauront que vous êtes des femmes de valeur. »
Madame Judith Nkoy Banawela a également exprimé sa reconnaissance envers l’État congolais, la Banque mondiale pour son financement, ainsi que l’Unité de Coordination du Projet Transforme (UCP-Transforme) qui a initié et réalisé ces activités sur terrain.


Un encadrement intensif, soutenu techniquement par la firme Logistique et le projet Transforme, avec l’appui de l’État congolais et l’implication des formateurs locaux comme M. Joslin, a permis de faire passer des femmes, parfois sans aucune base, vers une autonomie entrepreneuriale assumée. C’est ce qu’a confirmé Maman Maï Kinkendi, l’une des bénéficiaires :
« Merci à maman Judith Nkoy Banawela, qui m’a encouragée dans tout. Comment fixer nos objectifs, aller loin. Grâce à cette formation, on ne peut plus reculer. »

Autre voix, celle de Maman Alphonsine :
« Ces trois mois de formation n’ont rien à envier aux grandes universités. Grâce à madame Judith Nkoy Banawela, nous savons où aller, comment produire, comment épargner. »
Des notions clés ont été transmises : l’entrepreneuriat de croissance (au-delà de la simple survie), la posture proactive, l’identification des obstacles internes et externes, la gestion familiale et la valorisation du savoir-faire.
Maman Marie Otshunda, elle, a résumé les trois pilier phares de la formation avec clarté : le déclenchement individuel, l’orientation vers l’avenir et la persévérance à surmonter les obstacles. Ces trois sont les principes d’action de la formation à l’initiative personnelle (IP).


Dans une interview donnée à l’issue de la cérémonie, Judith Nkoy Banawela a insisté sur la transformation constatée :
« Les femmes ont toujours su vendre, mais autrefois, c’était par nécessité, sans pleine conscience de leur valeur. Après ces formations, elles ont compris qu’elles doivent bâtir leur propre empire, partir de leur initiative, et non plus seulement survivre. Elles réalisent qu’elles sont capables des mêmes grandes réalisations que n’importe qui – et cette fois, c’est pour conquérir, pas pour se soumettre »
Et de souligner :
« Ces formations aidaient pour faire des femmes des entrepreneures, pour qu’elles se connaissent, qu’elles sachent qui elles sont, ce qu’elles veulent faire. Qu’elles quittent l’entrepreneuriat de subsistance pour entrer dans l’entrepreneuriat de croissance. Qu’elles gagnent de l’argent pour scolariser leurs enfants, lutter contre la faim, et aller de l’avant. »
250 femmes formées, c’est potentiellement 250 foyers transformés, dans une zone où peu d’initiatives de ce genre parviennent à percer.
Les participantes sont devenues elles-mêmes des formatrices informelles dans leurs familles et leurs cercles sociaux. Dans leurs foyers, elles forment, elles inspirent. Le projet Transforme, à travers ce site pilote du centre Gamaliel, a ainsi produit une vague de bénéficiaires indirects : époux, enfants, voisins, collègues. Et désormais, pour ces femmes, leur petit commerce n’est plus une activité banale. Elles le considèrent comme leur bureau professionnel. Elles ne jouent plus avec ça. Elles savent épargner, elles savent appliquer ce qu’elles ont appris. Il y a eu une vraie évolution.



La cérémonie s’est conclue par un cocktail convivial, agrémenté de produits nutritionnels lesquels ont été réalisés par les femmes elles-mêmes – des mets qui avaient aussi une valeur symbolique : celle de la maîtrise acquise, de la preuve par l’action.
Cette formation à l’initiative personnelle (IP), organisée par l’UCP au collège Gamaliel, n’a pas seulement transmis des compétences. Elle a redonné aux femmes leur voix, leur place, et un avenir possible. Notez que ce sont femmes entrepreneures bénéficiaires qui ont organisé la cérémonie de clôture.
LUKEKA KALUME