Mine – Évaluation de la dotation minière de 0,3 % | Kinshasa passe au crible l’impact réel sur les communautés locales

Ce vendredi 13 mars 2026, la capitale congolaise a accueilli un atelier stratégique consacré à l’évaluation de la gestion de la dotation de 0,3 % minimum du chiffre d’affaires des entreprises minières, un mécanisme prévu par le Code minier pour soutenir le développement des communautés locales impactées par l’exploitation des ressources naturelles.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par Eve Bazaiba Masudi, ministre des Affaires sociales, et Louis Watum Kabamba, ministre des Mines. Cette rencontre réunit plusieurs acteurs institutionnels, techniques et communautaires afin d’examiner les résultats obtenus depuis la mise en œuvre de cette disposition importante du Code Minier congolais.

Selon les données présentées par la Cellule de Communication du Ministère des Mines, le bilan actuel révèle des progrès notables mais aussi des défis majeurs. Sur un total de 485 projets approuvés, 222 sont déjà achevés, 169 sont en cours d’exécution, tandis que 94 projets restent encore à lancer ou se trouvent en phase de procédure administrative. Ces chiffres montrent que moins de la moitié des initiatives ont été entièrement réalisées, ce qui alimente le débat sur l’efficacité réelle du mécanisme.

Ce système repose notamment sur les Organismes spécialisés de gestion de la dotation (OS-DOT), structures chargées d’administrer ces fonds au profit des communautés locales. À ce jour, 43 organismes sont opérationnels sur les 46 prévus, ce qui démontre que l’architecture institutionnelle est en place, mais que son rendement reste encore perfectible.

Plusieurs interrogations ont été soulevées au cours de cet atelier. D’abord, la question du respect des obligations par les entreprises minières. Si certaines sociétés affirment verser régulièrement cette contribution, la transparence sur les montants réellement mobilisés demeure limitée. Ensuite, se pose la question du contrôle exercé par l’État. Les retards enregistrés dans la mise en œuvre de nombreux projets suggèrent que les mécanismes de suivi, de gouvernance et de reddition des comptes doivent être renforcés.

Du côté des communautés locales, bénéficiaires théoriques de cette dotation, les avis restent partagés. Certaines zones ont déjà bénéficié de routes, écoles ou centres de santé, mais dans d’autres localités, des critiques persistent concernant la lenteur des projets, leur pertinence ou encore la faible implication des populations dans l’identification des priorités de développement.

Ainsi, cet atelier constitue une étape importante pour analyser les failles et proposer des réformes concrètes. L’objectif est clair : renforcer la transparence, accélérer l’exécution des projets et garantir que les richesses minières contribuent réellement au développement des communautés, conformément à la vision du Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Les conclusions de ces travaux devraient permettre d’améliorer la gouvernance de ce mécanisme financier stratégique pour l’équité et la justice sociale dans les zones minières de la #RDC.

Dan Banze Lwaba

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