
Ambiance électrique ce samedi 15 mars sur la place de la Poste de Kisangani. Dans la moiteur du chef-lieu de Tshopo, la foule s’est amassée, portée par un même mot d’ordre : l’unité face à la guerre. En mission, le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, n’est pas venu parler budget ou réformes économiques. Il est là en notable, en homme du terroir, avec un message clair : se ranger derrière Félix Tshisekedi et résister aux menaces pesant sur l’intégrité du territoire.
Doudou Fwamba ne mâche pas ses mots.
« Levons-nous comme un seul homme, n’ayons pas peur, soyons unis pour défendre notre pays », lance-t-il, la voix portée par les hauts-parleurs.


En toile de fond, une situation sécuritaire délétère dans l’Est du pays, où le M23, soutenu par le Rwanda, et d’autres groupes armés défient l’État. Le ministre ne se contente pas d’un discours patriotique : il annonce son engagement personnel à accompagner les volontaires prêts à intégrer les FARDC.
Un appel à la mobilisation qui rappelle les heures sombres de Kisangani. La ville, meurtrie par des années de conflits, sait trop bien ce que coûte la guerre. Mais les mots du ministre font écho à une colère diffuse, celle d’une population fatiguée de compter les morts.

Au-delà de la guerre, le meeting a tout d’un plaidoyer pro-Tshisekedi. Doudou Fwamba insiste sur la légitimité du pouvoir en place, rappelle la réélection du chef de l’État en 2023 et fustige toute tentative de prise de pouvoir par les armes.
« 10 millions de morts, ça suffit », martèle-t-il, appelant à une vigilance « tous azimuts ».

L’Argentier national joue aussi la carte du bilan :
« Vous avez massivement voté pour le Président Félix Tshisekedi. Il est le seul à détenir la légitimité parce que c’est le peuple qui l’avait choisi. Et, il vous rend déjà l’ascenseur. À Bunia, Isiro, Buta et à travers toute la Grande Orientale, des routes, universités et autres infrastructures publiques sont construites », avance-t-il sous les acclamations.
Avant de conclure, Doudou Fwamba a tenu à remercier le gouverneur de la Tshopo, Paulin Londogolia, ainsi que toutes les autres autorités et forces vives de la province pour leur implication dans l’administration locale et l’accueil qui lui a été réservé. Un geste de courtoisie, mais aussi une manière de rassurer une population en quête de repères dans un climat national tendu.
LUKEKA KALUME