Félix Tshisekedi : « Nos relations avec la Russie sont correctes. Nous ne sommes pas en froid »

Kinshasa joue-t-elle un double jeu entre Moscou et l’Occident ? Le Président de la République s’en défend. Dans un entretien accordé au Figaro, Félix Tshisekedi assure que les relations avec Vladimir Poutine sont “correctes”, tout en rappelant que la RDC a condamné l’invasion de l’Ukraine aux Nations unies. 

« Elles sont correctes. Nous ne sommes pas en froid alors que nous avions condamné l’agression de l’Ukraine, en son temps, aux Nations unies. La RDC est un pays agressé, comme l’Ukraine », souligne-t-il.

Le Chef de l’État veut se tenir à distance de la guerre en Ukraine, mais la RDC, comme le reste du continent, n’échappe pas aux reconfigurations géopolitiques. Moscou a multiplié les offensives diplomatiques en Afrique, notamment via le groupe Wagner et des accords militaires. Kinshasa n’a jamais accueilli de troupes russes. Aucun rapprochement existe, si ce n’est les rapports habituels.

Si la RDC reste attachée à ses partenariats avec les États-Unis et l’Europe, elle n’ignore pas les opportunités que Moscou peut offrir, notamment en matière de défense et d’exploitation minière. Dans un pays en guerre contre le M23 soutenu par le Rwanda, Tshisekedi est ouvert à tout partenariat gagnant-gagnant.

Les équilibres internationaux se jouent aussi dans les mines congolaises. Cobalt, COLTAN, lithium, cuivre… des ressources critiques pour la transition énergétique mondiale. Tshisekedi veut imposer une transformation locale des minerais, et pour cela, il compte sur des investissements étrangers. Mais qui aura accès à ces richesses ?

La Chine, déjà bien implantée, reste un acteur incontournable. Les États-Unis tentent de sécuriser des approvisionnements, surtout avec le retour de Trump. Et la Russie ? Moscou ne cache pas son intérêt pour ces minerais qui alimentent la course technologique mondiale. La RDC ne lui a pas ouvert une porte spéciale comme certains le penseraient.

En coulisses, la realpolitik est à l’œuvre. Si les États-Unis et l’Europe veulent garder Kinshasa dans leur giron, il leur faudra plus que des condamnations du Rwanda.

LUKEKA KALUME 

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