
Sous la chaleur dense d’un samedi d’avril, ils sont venus nombreux, élèves et curieux, remplir les bancs de la salle du Barreau de Kananga. Au programme : pas de discours de salon ni de jargon institutionnel, mais des mots, des chants, des équations – tout un festival pour célébrer la jeunesse du Grand Kasaï, son ingéniosité, sa voix, sa volonté.
Le Centre Culturel de la Jeunesse (CCJ) a lancé avec éclat sa 4e édition du Festival Grand Kasaï, un événement culturel qui s’affirme année après année comme un manifeste de paix et d’émancipation. Le thème ? « Une paix durable pour un Congo meilleur ». Tout est dit.

Créé en 2020, dans une région souvent peinte sous les couleurs ternes de l’oubli ou de la crise, le CCJ fait de l’unité, de l’amour et de la prospérité une devise concrète. Le cœur battant de sa mission : la jeunesse. Celle qui rêve, qui crée, qui conteste parfois, mais qui surtout agit.


Ce 5 avril, le ministre provincial de l’Éducation nationale, Jeunesse, Culture et Arts, Honoré Mutshipayi Balowe, n’a pas mâché ses mots :
« Nous émettons le vœu de voir ce festival devenir un rendez-vous pour le soutien aux efforts des FARDC, aux compatriotes wazalendo du gouvernement, ainsi qu’à la promotion du talent des jeunes du Grand Kasaï. »
Car ici, la culture ne se contente pas de divertir. Elle éduque, elle soude, elle politise parfois. Dans les couloirs, on parle d’un espace de résistance douce, d’un outil d’intégration sociale. Et pour les plus jeunes, l’occasion est rêvée de briller : épilation de mots (oui, c’est bien un concours), culture générale, mathématiques – on rivalise d’originalité pour tester les esprits et révéler les promesses.

Derrière cette mécanique bien huilée, une femme veille : Me Alexandre Tshiama Mamba. Coordonnatrice du CCJ, elle rend hommage aux partenaires – des politiques comme l’honorable Thierry Mulumba Mpandanjila, des figures militaires, mais aussi une société civile qui répond présente. La jeunesse n’est pas un slogan, c’est un projet de société, dit-on ici, et ce projet a besoin d’alliés.
La suite ? Des éliminatoires dès le 12 avril, jusqu’au 30 juin – jour hautement symbolique pour un pays en quête d’unité. Et au fil des jours, on abordera des sujets brûlants : cohésion nationale, lutte contre les mariages précoces, promotion de la femme. Autant de fronts où l’on n’attend plus les discours : on veut des actes, des idées, des scènes comme celle-ci, où la jeunesse n’est plus le futur, mais le présent.
ANASTASIE MIMBOLO