
Un avion présidentiel togolais attendu à 14h45 sur le tarmac de Ndjili. À son bord, Faure Essozimna Gnassingbé, nouvel émissaire de l’Union africaine pour un dossier brûlant : la crise entre la RDC et le Rwanda. À Kinshasa, Félix Tshisekedi s’apprête à recevoir un allié diplomatique de plus dans une guerre qui déchire l’Est du pays depuis trop longtemps.
Cette première visite officielle survient dans la foulée de sa nomination comme successeur de João Lourenço, président angolais, dont la médiation – amorcée en 2022 – s’est enlisée dans les collines du Nord-Kivu, sans freiner ni les offensives du M23, ni les accusations croisées entre Kinshasa et Kigali.
Félix Tshisekedi, qui ne cache plus sa lassitude face à une diplomatie africaine timorée, attend de ce changement un ton plus ferme, des engagements plus contraignants. Depuis des mois, le président de la République multiplie les appels à la solidarité continentale, dénonçant le soutien du Rwanda aux rebelles du M23. Il espère que le profil de Faure Gnassingbé, président d’un pays à l’écart des querelles régionales, offrira une médiation moins biaisée, plus incisive.
Pourtant, à ce jour, aucun détail concret sur le mandat confié à Faure Gnassingbé n’a été publié par l’Union africaine. Simple présence symbolique ou médiation à effet réel ? L’opinion congolaise reste sceptique. Kinshasa, victime d’une agression étrangère, réclame plus que des discours de conciliation.
Comme un signe d’essoufflement du processus de Luanda, João Lourenço a discrètement débranché le mécanisme ad hoc de vérification, en signant un décret qui met fin aux fonctions du brigadier Daniel Raimundo Savihemba, chargé de surveiller le cessez-le-feu dans l’Est.
Faure Gnassingbé arrive donc dans un climat de tension extrême, sur fond de guerre et de diplomatie épuisée. Le Président Tshisekedi attend des actes. La population, elle, attend des résultats. Et l’histoire dira si cette nouvelle tentative de médiation africaine saura réparer ce que des années de faux dialogues ont fini par briser.