Kinshasa | 20 femmes journalistes formées sur la désinformation par Balobaki Check

Du 20 au 23 mars, dans une salle de Kinshasa, vingt femmes journalistes ont levé la tête, stylo à la main, contre un fléau silencieux qui gangrène l’information : la désinformation. Pendant quatre jours, elles ont été formées à démêler le vrai du faux, à détecter les discours de haine, à renforcer les droits humains dans leur traitement de l’actualité. Une initiative portée par Balobaki Check en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

À l’ère où une image retouchée fait le tour du monde avant qu’un démenti n’ait le temps d’éclore, ces femmes ont reçu des outils : vérification des faits, détection des fake news, sensibilisation des communautés à la manipulation de l’information.

« L’avènement des réseaux sociaux a bouleversé notre rapport à l’info. Il fallait agir », explique Ange Kasongo Adihe, directrice de Balobaki Check.

Pour elle, ce combat est aussi féministe :

« Les femmes journalistes sont particulièrement ciblées sur les plateformes. Former, c’est protéger. »

Ce n’est pas qu’un atelier de plus. C’est un projet de fond, né d’un jumelage entre Balobaki et le média sénégalais Infoelles. Objectif : publier un guide à l’usage des femmes journalistes, produire dix vidéos de témoignages sur les défis féminins dans la société, et sélectionner cinq participantes pour réaliser un sujet multimédia. De la théorie, mais surtout du terrain.

« Dans l’Est, la guerre d’agression rend l’information encore plus sensible », souligne Kasongo.

Distinguer une photo d’archive d’un cliché récent, repérer les propagateurs de fausses nouvelles : ces compétences deviennent cruciales quand la rumeur alimente la peur.

« On nous demande souvent : est-ce que c’est vrai ? C’est à nous de répondre avec rigueur », confie Ange Aloki, journaliste et membre de l’association congolaise des femmes journalistes la presse écrite (ACOFEPE) et participante.

Une série de reportages sur la désinformation et les discours de haine est attendue dans les prochains jours. Cette fois, ce sont des femmes journalistes qui mèneront l’enquête. Parce que l’information vérifiée, elle aussi, peut avoir un visage féminin.

ADA

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