Procès Bukanga Lonzo | La Cour constitutionnelle repousse le verdict, l’Assemblée nationale s’en mêle

Encore un délai. Encore une volte-face. L’arrêt tant attendu de la Cour constitutionnelle dans l’affaire Bukanga Lonzo n’aura pas lieu ce 14 mai. Il faudra patienter jusqu’au 20. La raison ? 

« Le nombre important de pièces et de questions de droit à examiner », explique, d’un ton neutre, Dieudonné Kamuleta, président de la Cour, dans une ordonnance au jargon feutré.

Traduction : ça coince, ou ça négocie. Voire les deux.

Mais la justice n’est pas la seule à temporiser. Le Parlement, lui, s’agite. Le désormais célèbre « Collectif 50 », bloc de députés bien plus nombreux qu’indiqué par son nom (ils sont désormais plus de 100), exige bruyamment que l’Assemblée nationale prenne position contre les poursuites visant leur collègue, l’ancien Premier Ministre Augustin Matata Ponyo.

« On ne peut pas ignorer la voix des élus », tonne Alfred Dibandi, élu de Libenge.

Celui-ci est visiblement excédé par le silence du bureau de l’Assemblée nationale, qu’il accuse de bloquer leur projet de résolution. Une résolution qui viserait à réaffirmer le principe d’inviolabilité parlementaire face à une justice perçue comme, au mieux, pressée, au pire, instrumentalisée.

Le Président de l’Assemblée, Vital Kamerhe, s’est voulu rassurant. Il promet de discuter avec le président de la Cour. Dialogue de sourds ou deal politique ? Nul ne sait encore.

« Il faut attendre l’issue de cette initiative », glisse-t-il, laconique.

En toile de fond, un verdict potentiellement explosif. Le procureur général a requis 20 ans de travaux forcés et servitude pénale contre Matata, ainsi que 10 ans d’inéligibilité. Accusé avec deux autres co-prévenus – Déogratias Mutombo, ex-gouverneur de la BCC, et le Sud-Africain Christo Grobler – l’ancien Premier Ministre clame toujours son innocence.

Mais l’affaire Bukanga Lonzo, du nom du parc agro-industriel présenté un jour comme le symbole du redressement du pays, est devenue l’illustration parfaite de grands projets qui finissent dans les abysses de la corruption. Et d’une justice qui, même constitutionnelle, navigue entre droit et politique, sous les regards croisés d’un Parlement fracturé.

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