Gouvernance environnementale | Emmanuel-Tsadok Mihala, le nouveau visage de la diplomatie forestière congolaise au PFBC

À l’heure où les enjeux climatiques exigent une expertise technique autant qu’une finesse politique, la République démocratique du Congo (RDC) vient de franchir une étape stratégique. Emmanuel-Tsadok Mihala a été désigné co-facilitateur du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC) pour le mandat 2026–2028. Ce choix, qui propulse un pur produit de l’administration forestière nationale sur la scène diplomatique régionale, marque une volonté de Kinshasa d’aligner sa politique environnementale sur les standards internationaux de la « nouvelle économie du climat ».

Ingénieur des Eaux et Forêts, fort d’un master en politique forestière, M. Mihala n’est pas un inconnu des arcanes du secteur. Son parcours, jalonné par des fonctions de conseiller au ministère de l’Environnement et une expertise technique déployée au sein du projet PSAT (Affaires mondiales Canada), témoigne d’une trajectoire construite à l’intersection de la science et de la décision publique. Son implication dans la Semaine nationale du Climat, véritable pré-COP nationale, a confirmé son aptitude à fédérer des acteurs aux intérêts parfois divergents du secteur privé aux partenaires financiers internationaux.

Pour son mandat à la tête du PFBC, le nouveau co-facilitateur ne manque pas d’ambitions. Son programme, articulé autour de sept axes, place la barre haut : de la mise en œuvre de l’Appel de Belém à la gestion transfrontalière des écosystèmes, en passant par le nexus complexe entre climat, eau et sécurité alimentaire. L’objectif avoué est clair : transformer le Bassin du Congo, souvent perçu comme une réserve de biodiversité passive, en un moteur dynamique d’une économie verte et résiliente.

Toutefois, le défi reste immense. Au-delà des discours, la réussite de M. Mihala dépendra de sa capacité à traduire ces orientations techniques en résultats concrets sur le terrain, dans un contexte régional marqué par des pressions démographiques et sécuritaires croissantes. En misant sur un profil technique, Kinshasa semble vouloir privilégier une diplomatie de solutions, où la donnée scientifique devient le socle de la négociation politique.

Willy Ulengu Samuanda

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