RDC | Pour Jacques Djoli, Washington et Doha marquent la reconnaissance de l’intégrité territoriale

Lors d’un débat citoyen organisé le 24 juillet au Centre culturel Boboto à Kinshasa, le professeur Jacques Djoli, constitutionnaliste et porte-parole de l’Assemblée nationale, a estimé que les récents accords de Washington et Doha consacrent un principe essentiel : la reconnaissance de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo (RDC).

Réuni à l’initiative de la Synergie pour la Transparence des processus de Paix (STP), l’échange avait pour thème : « Différents processus de paix, et le peuple dans tout ça ? ». Il a rassemblé universitaires, responsables politiques, membres de la société civile, et représentants de mouvements citoyens comme LUCHA, CALCC ou Pona Congo.

Intervenant sur le sous-thème « Washington, Doha : les principes et les accords d’une paix impossible ? », Jacques Djoli a replacé ces processus dans une perspective historique.

« L’histoire du Congo est jalonnée d’accords : de Berlin en 1885 à Sun City en 2002, en passant par Addis-Abeba ou Nairobi. Ce sont des instruments juridiques fondateurs ou correcteurs. Washington et Doha s’inscrivent dans cette continuité », a-t-il affirmé.

Face à une situation sécuritaire instable à l’Est, Djoli a décrit une conflictualité géopolitique ancrée dans une compétition régionale pour les ressources stratégiques. Il a dénoncé une tentative de « statocide » contre la RDC, nourrie, selon lui, par certains pays voisins et appuyée par des relais internes.

Pour Djoli, les efforts diplomatiques actuels doivent être perçus non comme des signes de faiblesse, mais comme une stratégie de survie étatique.

« La RDC n’a pas gagné militairement, mais diplomatiquement. Et ce gain, c’est la reconnaissance de notre intégrité territoriale. C’est un point de départ, pas un aboutissement », a-t-il ajouté.

Tout en appelant à un sursaut stratégique des élites congolaises, au-delà des clivages politiques, il a insisté sur la nécessité d’une lecture géoéconomique des conflits actuels.

« Il ne s’agit pas seulement d’une guerre de territoires, mais de contrôle des richesses. Face à cela, il faut une doctrine nationale, une géopolitique congolaise. »

L’événement a également vu la participation du ministre de la Communication, Patrick Muyaya, et de l’ancien ministre Didier Mumengi. Tous deux ont souligné l’importance de la sensibilisation citoyenne dans les processus de paix et de réconciliation.

En toile de fond, le débat a rappelé que si la RDC est née d’accords, elle doit aujourd’hui se réinventer par un nouveau consensus national, capable de résister aux pressions régionales et de valoriser

ESPÉRANT DANIEL KAMBULU 

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