Tanganyika | Les Éléphants en migration, l’ICCN appelle à la compréhension et à la prudence

Dans les vastes étendues du Tanganyika, une situation complexe suscite régulièrement des inquiétudes : la présence d’éléphants dans les territoires de Malemba Nkulu, Manono et Kabalo. L’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) apporte aujourd’hui des éclaircissements cruciaux, invitant à une meilleure compréhension des dynamiques écologiques en jeu. Loin d’une « invasion », il s’agit de cycles migratoires naturels, essentiels à la survie de ces géants.

Des kilomètres de voyages naturels

Grâce au suivi télémétrique lancé en mai 2025 par le Parc National de l’Upemba, l’ICCN a pu cartographier les déplacements de certains troupeaux. Les données sont éloquentes : certains éléphants parcourent mensuellement entre 332 et 466 kilomètres. Six pachydermes équipés de colliers GPS dans le secteur Kamalondo-Ankoro ont permis de confirmer ces vastes trajectoires, qui les mènent parfois en dehors des limites officielles du parc. Ces déplacements, loin d’être aléatoires, suivent des corridors migratoires connus et structurels, une réalité écologique établie depuis plusieurs années.

Comprendre pour mieux coexister

La Direction Générale de l’ICCN souligne que la présence des éléphants dans des localités comme Kisamba, Ankoro, Mukalay, Lubudi, Kabwe et plus récemment Kyala, au nord de Manono, s’inscrit dans une dynamique écologique bien établie. Il est donc essentiel que les communautés locales comprennent que ces mouvements répondent à des besoins vitaux des animaux, tels que l’accès à l’eau et à la nourriture, ou la recherche de partenaires pour la reproduction.

Cependant, l’ICCN lance un avertissement ferme : l’usage d’armes à feu par des personnes non autorisées pour repousser les animaux est une infraction grave. Cette pratique dangereuse non seulement met en péril la vie des éléphants, mais augmente aussi considérablement les risques d’incidents et provoque des réactions défensives imprévisibles de la part des troupeaux, mettant ainsi en danger la sécurité de tous.

Vers des solutions durables et pacifiques

Face à cette situation, le Parc National de l’Upemba est appelé à renforcer ses stratégies d’anticipation. L’objectif est de privilégier des méthodes de refoulement non létales et adaptées au contexte local, afin de minimiser les risques de confrontation. Il s’agit de trouver un équilibre délicat : garantir la sécurité des communautés tout en assurant la protection durable des éléphants, dans le strict respect de la législation sur la conservation de la nature en République Démocratique du Congo.

 

Christivie Niamabu

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.