
Lors d’une interview exclusive accordée à Radio Okapi, Nathalie Kambala Luse, présidente de l’ONG Femme Main dans la Main pour le Développement Intégral (FMMDI), a dénoncé les pratiques coutumières qui continuent de porter atteinte aux droits fondamentaux des femmes dans la région du Grand Kasaï.
L’ONG FMMDI, engagée depuis plusieurs années dans la lutte contre les normes socio-culturelles discriminatoires, se concentre sur la défense des droits des femmes. Kambala Luse souligne que la transformation des coutumes jugées avilissantes est au cœur de leur mission.
Pratiques dénoncées
Parmi les pratiques néfastes, on retrouve :
– Mutilations génitales féminines : Une violation des droits corporels des femmes.
– Mariage précoce : Un fléau qui touche de nombreuses jeunes filles, souvent considéré comme normal dans la culture locale.
– Traditions liées au veuvage : Des coutumes qui continuent d’exclure et de stigmatiser les femmes.
Kambala Luse explique : « Aujourd’hui, le Grand Kasaï est une région où le taux de mariage d’enfants est très élevé. Nos parents se marient souvent à 18 ans, et cela est perçu comme normal. » Elle insiste sur la nécessité d’une protection pour les victimes, incluant une prise en charge médicale, psychologique et un accompagnement pour leur réinsertion socio-économique. Malheureusement, beaucoup de femmes subissent des représailles, regrettant d’être souvent chassées et punies.
Une approche collaborative
Face à ces défis, FMMDI a choisi de collaborer directement avec les leaders communautaires, y compris les autorités traditionnelles et religieuses, pour œuvrer à un changement progressif des mentalités. Cette approche vise à sensibiliser les communautés sur les droits des femmes et à déconstruire les normes culturelles qui perpétuent l’inégalité.
Divine Atante