Féminisme en RDC | déconstruire les clichés, reconstruire l’égalité

Dans le cadre du mois dédié aux droits des femmes, la salle Townhall du siège de la MONUSCO à Utex-Africa a accueilli ce mardi une conférence d’envergure sur le thème : « Le féminisme en RDC : défis culturels, politiques et médiatiques ». Organisée par Balobaki Check, en partenariat avec la MONUSCO, cette rencontre a réuni des voix engagées pour déconstruire les idées reçues et redéfinir le féminisme dans le contexte congolais.

 Une lutte pour l’égalité, pas contre les hommes

« Ce n’est pas une lutte contre le pouvoir des hommes, mais plutôt pour l’égalité dans la société, le droit, la justice et la dignité », a affirmé Elsie Lotendo, coordinatrice de l’ONG Biso Basi Telema, dans une intervention saluée par l’auditoire.

Son message, clair et sans détour, a résonné comme un appel à revisiter les traditions sans les renier, mais en les adaptant aux exigences de la dignité humaine.

Défis culturels : entre héritage et transformation

La conférence a mis en lumière les résistances culturelles qui freinent l’émancipation des femmes.

« Cette lutte ne vise pas à détruire nos cultures africaines, mais à les interroger », a précisé Mme Lotendo.

 

Les intervenants ont souligné que certaines pratiques coutumières, bien que valorisées, perpétuent des inégalités structurelles qu’il est urgent de corriger.

Défis politiques : des lois sans effet ?

Si la RDC dispose de textes sur la parité et la lutte contre les violences faites aux femmes, leur application reste limitée.

Le féminisme est souvent perçu comme un concept importé, étranger aux réalités locales.

Pourtant, comme l’a rappelé la Section Genre de la MONUSCO, « l’égalité des chances est une valeur profondément congolaise ».

Il est temps de se réapproprier ce combat comme un levier de développement, et non comme un sujet de discorde.

 Défis médiatiques : déconstruire la désinformation

Balobaki Check a présenté une analyse des dynamiques de désinformation autour du féminisme sur les réseaux sociaux.

Les stéréotypes véhiculés par certains médias contribuent à créer un rejet du mot « féminisme », souvent associé à une guerre des sexes.

Le Collectif des fact-checkers de la RDC a insisté sur l’importance de vérifier les sources et de promouvoir une information équilibrée.

 Panel d’experts : pluralité des voix, unité des convictions

La conférence a réuni des intervenants issus de divers horizons :

– Balobaki Check : désinformation et réseaux sociaux.

– Section Genre MONUSCO : contextualisation du féminisme.

– BCNUDH : rôle des institutions et des droits humains.

– Biso Basi Telema : genre et médias.

– Ebuteli : inclusion des femmes dans les sphères décisionnelles.

Recommandations et perspectives

Les échanges ont abouti à plusieurs recommandations concrètes :

– Renforcer l’éducation à l’égalité dès le plus jeune âge.

– Former les journalistes à un traitement non stéréotypé du genre.

– Créer des espaces de dialogue entre traditions et droits humains.

– Valoriser les femmes dans les sphères politiques et médiatiques.

 Une conférence, un signal fort

En donnant la parole aux femmes politiques, journalistes, étudiants et membres de la société civile, cette conférence a marqué un tournant dans la revalorisation du féminisme en RDC.

Elle a démontré que ce combat n’est pas une importation idéologique, mais une nécessité sociale, enracinée dans les aspirations profondes du peuple congolais.

Willy Ulengu Samuanda

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