
Alors que l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) reste une plaie ouverte, une nouvelle polémique vient d’éclater au sommet de l’État. Le projet d’accueil sur le sol congolais de migrants expulsés des États-Unis suscite une levée de boucliers. Pour l’opposition, et notamment pour l’honorable Ados Ndombasi, président d’Alternative 2028, cette décision n’est pas un acte de diplomatie, mais une « menace existentielle » pour une nation déjà fragilisée.
Le spectre de 1994
L’argumentaire des opposants au projet repose sur un traumatisme historique : l’accueil des réfugiés rwandais en 1994. À l’époque, l’hospitalité congolaise s’est transformée en un engrenage de violences qui, trente ans plus tard, se solde par un bilan effroyable :
* 10 millions de morts liés aux conflits successifs.
* 8 millions de déplacés internes fuyant les zones de combats.
* 1,6 million de Congolais vivant eux-mêmes dans des camps de réfugiés à l’intérieur et à l’extérieur des frontières (Rwanda, Ouganda, Zambie).
Un flou sécuritaire et législatif
Au-delà de l’émotion, c’est l’absence de transparence qui inquiète. Le gouvernement est accusé de contourner le Parlement sur un sujet qui touche à la sécurité nationale. Dans un pays où le banditisme urbain (phénomènes Kuluna et Mobondo) et les kidnappings sont en hausse, l’arrivée de profils « à l’identité méconnue » en provenance d’Amérique inquiète.
« La RDC ne peut se comporter en sauveur alors que ses propres problèmes sécuritaires sont irrésolus », martèle Ados Ndombasi.
L’opposition craint que ce flux migratoire ne serve de couverture à de nouvelles infiltrations étrangères ou à l’importation d’une criminalité transnationale (cybercriminalité, trafics divers).
Vers une fronde populaire ?
Pour les détracteurs du régime de Félix Tshisekedi, cette initiative s’apparente à une « erreur de jugement » dans un climat de fragilité intercommunautaire. Le risque de « remplacement de population » est désormais évoqué par les leaders d’opinion qui appellent à une vigilance accrue.
Une pétition est lancée en vue de faire obstacle à ce qu’il qualifie d’énième bavure du régime en place.
Willy Ulengu Samuanda