RDC | L’Université de Kinshasa mobilise 480 hectares pour la restauration forestière à N’djili Brasserie

Pour marquer la Journée internationale des forêts, la Faculté des sciences agronomiques de l’Unikin a lancé, le 16 avril, un vaste projet de reboisement. Au-delà de l’enjeu écologique, cette initiative vise à sécuriser le patrimoine foncier de l’institution face à l’urbanisation sauvage.

L’Université de Kinshasa (Unikin) passe à l’offensive verte. Ce jeudi 16 avril, sous l’égide de sa Faculté des sciences agronomiques et de l’environnement, l’institution a procédé à la mise en terre de 5 000 plants sur le site de sa Ferme agropastorale (FAPUK), située dans le quartier N’djili Brasserie. Ce projet de restauration des terres, soutenu par l’Unité de Coordination du Programme d’Investissement pour la Forêt (UC-PIF), marque une étape cruciale dans la gestion des réserves foncières académiques de la capitale congolaise.

Un rempart contre la spoliation foncière

Si l’objectif affiché est environnemental, le projet revêt une dimension stratégique majeure : la protection du domaine universitaire. Patrick Mafula Kinkela, directeur général de la FAPUK, a rappelé que la ferme s’étend sur 480 hectares, dont un tiers est constitué de zones forestières. Héritage de Monseigneur Luc Gillon, premier recteur de l’Université Lovanium, ce patrimoine subit une pression anthropique croissante.

« Ce projet est une opportunité de sanctuariser ces terres qui commençaient déjà à faire l’objet de lotissements illégaux », a martelé Patrick Mafula.

En occupant physiquement l’espace par le reboisement, l’université entend freiner les velléités d’expropriation des riverains et des spéculateurs fonciers.

Entre recherche scientifique et entrepreneuriat

Représentant le recteur de l’Unikin, le professeur Jean-Paul Mbuya Kutumisa a souligné que cette initiative s’inscrit dans une vision de modernisation. L’objectif est de transformer ce laboratoire à ciel ouvert en un pôle d’entrepreneuriat agropastoral.

« Le comité de gestion souhaite faire de l’Unikin une université innovante. Ce site doit devenir un centre de profit et de recherche, allant de l’élevage à la culture maraîchère », a-t-il précisé.

L’aspect pédagogique n’est pas en reste. Pour Maria Muyambo, déléguée facultaire, la revitalisation de la FAPUK est une aubaine pour les futurs ingénieurs agronomes, leur offrant un terrain d’expérimentation pratique indispensable à leur formation, loin des amphithéâtres saturés du Mont-Amba.

Un appui technique et financier pérenne

Le succès de cette campagne repose sur le partenariat avec l’UC-PIF/RDC. L’ingénieur Willy Mvumbi, représentant l’organisme, a confirmé que l’appui ne se limitera pas au financement initial, mais inclura un suivi rigoureux des opérations. L’enjeu est de garantir la survie des 5 000 arbres plantés pour assurer la pérennité du massif forestier urbain, essentiel à la régulation climatique de la mégapole kinoise.

Willy Ulengu Samuanda

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