RDC | A Kinshasa, la science au service de l’entrepreneuriat scolaire

L’enseignement technique congolais veut prouver son utilité immédiate. Le 17 avril, l’Institut Lumumba a accueilli la clôture de la 13e édition de la Semaine de la Science et des Technologies (SST13), une initiative portée par la Fondation Femmes Bâtisseuses comme catalyseur. Loin des théories abstraites, des élèves issus de plusieurs établissements kinois ont exposé des solutions pratiques, allant de la chimie domestique à l’électronique de sécurité, en passant par des projets architecturaux, d’urbanisation et de construction.

Sous le thème « Au cœur du geste technique », les élèves de l’instituts Lumumba 1 et 2, de l’institut de Limete et de l’institut industriel et professionnel de Bumbu ont fait la démonstration de leur savoir-faire. A titre d’exemple : la fabrication de peinture latex, la production de désinfectants (bactérol, eau de Javel), la conception de détecteurs de présence, ainsi que la présentation de maquettes et de solutions dans les domaines de l’architecture et de l’aménagement urbain. Ces projets illustrent une volonté de transformer l’école en incubateur de micro-entrepreneuriat. L’objectif affiché est de réduire la fracture entre les bancs de l’école et les besoins du marché local.

Pour Liliane Basue, architecte de profession et présidente de la fondation organisatrice, l’enjeu est également social.

« Il n’y a pas de domaine exclusivement réservé aux hommes », a-t-elle martelé, rappelant que sa structure milite depuis cinq ans pour l’insertion des femmes dans les métiers techniques.

En encourageant les jeunes filles à investir  dans les filières de l’ingénierie et de la construction, la fondation espère briser les plafonds de verre qui freinent encore le développement industriel de la RDC.

L’événement a réuni plus de 1000 élèves. Soutenu par l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) et Airtel RDC, il s’est conclu par la remise de brevets à 50 élèves-animateurs. Si ces démonstrations de chimie appliquée séduisent, elles ne résument pas à elles seules la diversité des compétences présentées. Des projets en architecture, en urbanisme, en électricité et en construction ont également retenu l’attention, illustrant une approche globale de la formation technique tournée vers la résolution de problèmes concrets. Cependant, ces initiatives posent la question du passage à l’échelle industrielle. Pour ces jeunes talents, le défi ne sera plus seulement de fabriquer, mais de structurer ces projets en véritables initiatives économiques viables, capables de répondre durablement aux besoins du marché local.

Anastasie Mimbolo

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