
La ministre provinciale du Genre, Famille et Enfant du Haut-Katanga, Coco Kanku Lukengu, a effectué une visite d’inspection au centre d’hébergement Kikuni à Lubumbashi, révélant une défaillance structurelle des services de protection de l’enfance. Face à l’absence d’infrastructures sanitaires et de personnel permanent, l’exécutif provincial s’est engagé à une réhabilitation urgente de ce site accueillant des mineurs en situation de vulnérabilité.
Le constat dressé sur place par la délégation ministérielle souligne l’ampleur du désengagement des services publics dans l’encadrement des enfants en rupture familiale. Le centre Kikuni, censé être un havre de réinsertion, présente aujourd’hui un visage de dénuement total : les salles de classe sont utilisées comme latrines de fortune, l’accès à l’eau potable est inexistant et le mobilier de couchage fait défaut. « Chaque enfant mérite protection et respect », a déclaré la ministre, tout en déplorant des conditions de vie qu’elle juge incompatibles avec les normes nationales de protection de l’enfance.
Cette intervention s’inscrit dans une politique plus large de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et l’invisibilité sociale des populations précaires dans le Haut-Katanga. Au-delà de l’urgence humanitaire à Kikuni, le ministère tente de structurer une réponse institutionnelle pour l’autonomisation des femmes et le soutien aux déplacés internes, dont le nombre croît sous la pression des défis sécuritaires et économiques de la région.
Le leadership de Coco Kanku Lukengu intervient à un moment charnière où la pression sociale sur le gouvernement provincial de Jacques Kyabula s’intensifie. La réhabilitation de centres comme celui de Kikuni constitue un test de crédibilité pour l’administration locale, souvent critiquée pour le décalage entre les ambitions de modernisation urbaine et la réalité des services sociaux de base.
Dan Banze Lwaba