RDC | Lubumbashi, quand le slam revient au chevet de la cité consciente

La capitale de la province du Haut-Katanga s’est transformée, depuis ce mardi 14 avril, en une tribune à ciel ouvert. L’Institut Français de Lubumbashi accueille la nouvelle édition du Festival International de Slam-Poésie du Congo (FISPCO). Sous l’intitulé évocateur « La ville des maux et des mots », cette édition 2026 ambitionne de dépasser le cadre esthétique pour s’imposer comme un outil de médiation sociale et de salubrité publique.

Le programme, dévoilé par le slameur Jonathan Ntumba, coordonnateur de l’événement, se veut hybride. Au-delà des joutes oratoires et des ateliers de création qui se clôtureront ce jeudi, le festival investit l’espace urbain. Des actions d’assainissement et des performances de « slam populaire » sont prévues pour interpeller directement les Lushois sur leur quotidien. Pour les organisateurs, l’art ne doit plus seulement décrire la réalité, mais devenir un levier de transformation civique.

L’engagement environnemental constitue la colonne vertébrale de cette programmation. Interrogé par Sasa studio.net, Jonathan Ntumba insiste sur la double fonction de la parole : dénoncer les dysfonctionnements et panser les plaies sociales.

« On transforme les douleurs en mots pour éveiller les consciences », explique-t-il, pointant notamment du doigt la gestion des déchets plastiques et les lacunes de la gouvernance locale.

Dans un contexte urbain marqué par des défis infrastructurels et écologiques croissants, le FISPCO tente de réconcilier l’artiste avec ses responsabilités citoyennes. En proposant des solutions concrètes à travers la poésie, les slameurs congolais affirment leur rôle de sentinelles de la cité, transformant Lubumbashi, le temps d’un festival, en un laboratoire de réflexion sur l’avenir de la polis congolaise.

Dan Banze Lwaba

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