RDC | L’ONG Jurec demande une loi d’encadrement strict pour mieux contrôler les risques biologiques des organismes génétiquement modifiés ( OGM)

 


À l’occasion de la Journée internationale de la santé des végétaux, ce 12 mai 2026, l’ONG Juristes pour l’Environnement au Congo (Jurec) a interpellé le gouvernement sur l’absence d’un cadre légal spécifique dédié à la biosécurité. Face à la porosité des frontières et à la circulation croissante des biotechnologies, l’organisation plaide pour une législation capable de réguler l’usage des OGM tout en protégeant la biodiversité locale.

Le constat dressé par Jurec est sans équivoque : les végétaux assurent 80 % de notre alimentation, mais les ravageurs détruisent jusqu’à 40 % des récoltes mondiales chaque année. En République démocratique du Congo (RDC), la menace est amplifiée par une surveillance phytosanitaire encore fragile aux frontières. Si le pays s’appuie sur les lois de 2011 relatives à l’environnement et à l’agriculture, ces textes ne traitent la biosécurité que de manière incidente, laissant un vide juridique sur la manipulation et le transfert des organismes génétiquement modifiés (OGM).

« L’adoption d’une législation spécifique devient impérative face à la circulation accrue des produits issus des biotechnologies modernes », explique Félix Lilakako, membre de l’ONG. Jurec recommande ainsi la finalisation de l’avant-projet de loi sur la biosécurité et son harmonisation avec les standards régionaux, notamment le règlement du Comesa sur le commerce des semences. L’enjeu est double : prévenir les risques sanitaires et environnementaux potentiels, tout en évitant que le pays ne devienne un terrain d’expérimentation non régulé.

Au-delà de l’aspect législatif, l’organisation encourage la communauté scientifique congolaise à produire des études indépendantes sur les impacts des biotechnologies en contexte tropical. Pour Jurec, la protection de la flore ne doit plus être perçue comme une contrainte, mais comme un levier de sécurité alimentaire et de développement durable pour une nation dont l’économie dépend structurellement de son capital naturel.

Passy Kabuya

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