Environnement | L’ONU dresse le constat d’échec du combat contre la déforestation malgré plusieurs promesses mondiale

À moins de 1 500 jours de l’échéance des Objectifs de développement durable (ODD) pour 2030, le verdict des Nations unies est sans appel. Malgré un renforcement des cadres législatifs dans près de 50 pays, la planète a perdu 40 millions d’hectares de forêts en dix ans. Entre déficit de financement et persistance de la pauvreté rurale, le « Global Forest Goals Report 2026 » pointe les failles d’une stratégie mondiale à bout de souffle.

Réunis à New York pour la 21ème session du Forum des Nations unies sur les forêts ce lundi 11 mai, les experts ont dévoilé une réalité paradoxale. Si la gouvernance progresse 48 États ayant consolidé leurs lois forestières l’impact sur le terrain reste invisible. Sur les 26 cibles fixées par le Plan stratégique de l’ONU, seules sept sont en voie d’être atteintes. Le cœur du problème demeure l’incapacité à inverser la courbe de la perte forestière et à éradiquer la pauvreté des populations qui dépendent de ces écosystèmes.

Le rapport souligne un « fossé financier » abyssal. Les investissements dans la gestion durable restent dérisoires face à la puissance des moteurs de la déforestation : l’expansion agricole industrielle, les incendies géants et les réseaux de commerce illégal de bois.

« Investir dans les forêts, c’est investir dans la stabilité climatique », a rappelé Bjørg Sandkjær, Secrétaire générale adjointe de l’ONU, déplorant que les budgets stagnent alors que les menaces climatiques, elles, s’accélèrent.

Pour Juliette Biao, du Secrétariat du Forum, la solution ne pourra être qu’intersectorielle. L’ONU appelle désormais à des réformes foncières courageuses et au déploiement de financements innovants, tels que les crédits carbone à haute intégrité ou les échanges « dette contre nature » (debt-for-nature swaps). L’enjeu est désormais de transformer la protection des forêts en un levier économique pour les populations locales, sous peine de voir l’ensemble de l’édifice des ODD s’effondrer avant 2030.

Passy Kabuya

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.