Mines en RDC | Le Cadastre minier affiche ses ambitions devant le Sénat, triple ses versements à l’État et récupère de vastes concessions

Auditionnés par la commission Économique et Financière (Ecofin) du Sénat le 8 mai dernier, les dirigeants du Cadastre minier (CAMI) ont défendu un bilan marqué par une hausse spectaculaire des recettes et un assainissement foncier d’envergure. Entre bond financier et promesses de digitalisation, l’établissement public tente de restaurer sa crédibilité.

Le changement de ton est manifeste au Cadastre minier. Devant les sénateurs, le duo de direction composé de Crispin Mbindule Mitono (PCA) et Popol Mabolia Yenga (DG) a révélé une progression fulgurante des contributions au Trésor public : 32,4 millions de dollars versés en 2024, contre seulement 11 millions l’année précédente. Cette multiplication par trois des recettes témoigne d’un resserrement des boulons dans la collecte des droits superficiaires, longtemps critiquée pour son manque de transparence.

Au-delà des chiffres, c’est la récupération de 50 000 km² de périmètres miniers en deux ans qui constitue le point d’orgue de cet assainissement. En « nettoyant » le fichier cadastral des titres dormants ou non en règle, le CAMI libère un espace foncier crucial pour de nouveaux investisseurs. Cette dynamique s’accompagne d’une normalisation institutionnelle inédite : pour la première fois en deux décennies, l’établissement dispose d’un conseil d’administration et d’une direction générale complets, mettant fin à une longue période d’intérim préjudiciable à la stabilité administrative.

Tourné vers l’avenir, le CAMI projette une mutation technologique profonde à l’horizon 2030. Le programme annoncé inclut le déploiement de drones pour la surveillance des concessions, la digitalisation complète des procédures (E-Gov) et une certification ISO 9001. Enfin, l’institution s’aligne sur la diplomatie minière de Kinshasa en s’impliquant dans les accords de coopération avec les États-Unis, visant à garantir une chaîne d’approvisionnement responsable et transparente, loin des zones d’ombre qui ont longtemps terni l’image du secteur.

Divine Atante

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