
L’organisation américaine de défense des droits humains, le Centre Carter, a officiellement apporté son soutien à l’audit du secteur minier annoncé par le président Félix Tshisekedi. Dans une analyse relayée par Top Congo FM, l’ONG y voit une opportunité historique de remédier aux pertes colossales de recettes publiques, estimées à plusieurs milliards de dollars, tout en exigeant une transparence totale sur la gestion de la Gécamines.
Cette impulsion présidentielle, initialement dévoilée lors de la 87ème réunion du Conseil des ministres, intervient à un tournant critique pour la gouvernance des ressources naturelles en République démocratique du Congo. Pour le Centre Carter, cet audit ne doit pas se limiter à une formalité bureaucratique. L’organisation exhorte l’exécutif à s’attaquer aux dossiers sensibles : le rapatriement effectif des devises, la clarté des contrats des coentreprises et la gestion opaque des actifs miniers de l’État.

Les chiffres avancés par l’organisation sont vertigineux et soulignent l’urgence de la réforme. Les enquêtes du Centre Carter révèlent que plus de 750 millions de dollars de revenus issus de partenariats avec la Gécamines demeurent « non retracés ». Plus grave encore, entre 2013 et 2024, les pratiques d’évasion fiscale dans le secteur extractif auraient coûté environ 4 milliards de dollars au Trésor public congolais. Ces révélations placent la société d’État au cœur des attentes de cet audit, alors que les critiques sur sa gouvernance se multiplient.
Tout en saluant la volonté politique du Chef de l’État, le Centre Carter pose des conditions strictes pour garantir la crédibilité du processus. L’organisation plaide pour un accès sans entrave aux données financières, une participation active de la société civile et, surtout, un contrôle parlementaire rigoureux. L’enjeu dépasse le simple inventaire comptable : il s’agit de transformer structurellement le secteur pour que la richesse du sous-sol se traduise enfin par une amélioration du quotidien des populations.
Dan Banze Lwaba