Face à une polémique qui prend de l’ampleur autour d’un conflit foncier opposant les successions Vinza Tuanuka et Nsadisi wa Nkodia dans la ville de Matadi, au Kongo-Central, le ministère des Affaires foncières a tenu à clarifier sa position. Dans un communiqué officiel publié le 5 juin 2026 à Kinshasa, l’administration foncière affirme qu’aucun acte administratif susceptible de favoriser l’une des parties ne sera posé tant que les juridictions compétentes n’auront pas rendu une décision définitive.
« Le respect de l’État de droit impose la neutralité de l’administration », insiste le ministère.
L’affaire étant actuellement pendante devant les instances judiciaires de Matadi, les autorités foncières rappellent qu’elles sont légalement tenues de s’abstenir de toute intervention pouvant influencer le cours de la procédure.
Cette mise au point intervient dans un contexte marqué par des accusations relayées dans certains espaces publics et sur les réseaux sociaux au sujet de la gestion de ce dossier. Le ministère rejette fermement ces allégations qu’il qualifie de dépourvues de fondement juridique et factuel.
« La crédibilité des institutions publiques doit être préservée », souligne le communiqué, qui avertit que des poursuites judiciaires pourraient être engagées contre les auteurs de déclarations jugées diffamatoires.
Au-delà de ce litige particulier, les autorités rappellent que l’administration foncière est soumise à une obligation stricte de respect des procédures. Cette exigence s’inscrit dans le cadre de la Loi n° 25/062 du 30 décembre 2025, une réforme majeure du secteur foncier en République démocratique du Congo. Cette législation vise notamment à renforcer la sécurité juridique des propriétés, à moderniser la gestion cadastrale et à responsabiliser davantage les agents publics impliqués dans le traitement des dossiers fonciers.
« La sécurité juridique demeure la meilleure garantie contre les conflits de terre », rappellent régulièrement les spécialistes du secteur.
Dans une province comme le Kongo-Central, où les questions foncières alimentent fréquemment les contentieux familiaux et successoraux, les autorités cherchent à renforcer la confiance des citoyens dans les mécanismes judiciaires et administratifs.
La vérification des informations disponibles confirme que le communiqué du ministère a bien été publié le 5 juin 2026 et qu’il correspond aux déclarations relayées par plusieurs médias congolais. Aucun élément public consultable ne permet à ce stade de contredire la position officielle du ministère concernant sa neutralité dans cette affaire. Les faits établis montrent uniquement que le dossier demeure en cours d’examen devant la justice de Matadi et qu’aucune décision irrévocable n’a encore été rendue.
Cette affaire intervient alors que le gouvernement poursuit sa campagne de lutte contre les spoliations foncières et les pratiques frauduleuses souvent dénoncées dans plusieurs provinces du pays. Ces derniers mois, le ministère des Affaires foncières a multiplié les annonces en faveur d’une gouvernance plus transparente du secteur, notamment à travers la numérisation progressive des archives foncières et le renforcement des mécanismes de contrôle administratif.
En attendant le verdict des juridictions compétentes, les deux parties au litige devront donc s’en remettre à la justice.
« Seule une décision judiciaire définitive permettra de trancher le différend », rappelle le ministère.
Une position qui s’inscrit dans la volonté affichée par les pouvoirs publics de faire prévaloir les règles de droit sur les pressions médiatiques ou les controverses publiques.
Pour l’avenir, l’issue de cette procédure pourrait constituer un test important pour la mise en œuvre des réformes foncières engagées depuis 2025. Elle sera également observée de près par les acteurs du secteur, qui y voient une occasion de mesurer la capacité des institutions congolaises à garantir l’impartialité administrative et la sécurité juridique dans le règlement des conflits fonciers.
Willy Ulengu Samuanda