Face au FRN de Kabila, Vital Kamerhe choisit Tshisekedi et rejette la voie des armes

Vital Kamerhe a rompu le silence dans la nuit du 13 au 14 octobre. Dans une vidéo publiée sur compte X, l’ancien président de l’Assemblée nationale et président de l’UNC a dénoncé la prise de tête du Front pour la refondation de la nation (FRN) par Joseph Kabila, tout en réaffirmant son soutien à Félix Tshisekedi et à la défense de l’ordre constitutionnel.

Pour Vital Kamerhe, la contradiction est désormais ouverte.

Trois jours après avoir entendu Joseph Kabila parler de paix dans son discours du 9 octobre, l’ancien président de l’Assemblée nationale constate que son ancien allié dirige désormais une coalition politico-militaire comprenant les principales figures de l’AFC/M23. Le FRN, annoncé à Goma le 12 octobre, affirme succéder à cette structure et revendique le recours à la force.

« Vous appelez à la paix dans vos discours, vous appelez à la rébellion dans vos actes », a lancé Vital Kamerhe à l’adresse de Joseph Kabila.

Le président de l’UNC ne s’est pas limité à la création du FRN. Il a également renvoyé l’ancien chef de l’État à ses dix-huit années passées au pouvoir.

Selon lui, Joseph Kabila ne peut aujourd’hui se présenter comme étranger aux faiblesses de l’État, de l’armée ou des institutions congolaises après avoir dirigé le pays de 2001 à 2019.

« Ne défaites pas votre propre bilan en accusant votre successeur », a-t-il insisté.

Kamerhe oppose surtout deux voies.

D’un côté, celle des rébellions et des confrontations armées, qu’il considère comme un cycle ayant déjà coûté trop de vies aux populations du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et d’autres régions touchées par les conflits.

De l’autre, celle du dialogue politique.

« À quoi bon prendre les armes pour finir autour de la table de négociation, alors que le dialogue aurait pu permettre d’éviter tant de pertes en vies humaines ? », interroge-t-il.

Dans la foulée, Vital Kamerhe clarifie également son positionnement politique.

Il réaffirme son soutien au président Félix Tshisekedi, qu’il qualifie d’« allié et partenaire politique », et estime que les développements autour du FRN confortent les mises en garde formulées ces dernières années par le chef de l’État sur les menaces pesant sur la souveraineté nationale.

Une ligne également défendue, depuis l’annonce du FRN, par plusieurs responsables de l’Union sacrée qui appellent à faire bloc autour des institutions et de l’intégrité territoriale du pays.

Mais Kamerhe garde une porte ouverte.

Malgré la fermeté de son discours contre la rébellion, il appelle les responsables des mouvements armés à renoncer à la lutte militaire et à privilégier le dialogue.

Son message tient donc en deux lignes : soutien aux institutions et à Félix Tshisekedi, mais refus d’une nouvelle guerre entre Congolais.

À l’heure où la création du FRN provoque des départs et des désolidarisations jusque dans l’entourage de Joseph Kabila, la sortie de Vital Kamerhe ajoute une voix politique majeure à la recomposition en cours. Mais elle fixe surtout sa propre ligne.

ANASTASIE MIMBOLO 

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