
Après deux jours de tensions à Kolwezi, le calme revient progressivement dans plusieurs quartiers. Les autorités provinciales ont ouvert une piste de sortie de crise autour de l’aménagement d’une zone d’exploitation artisanale, alors que les creuseurs continuent de réclamer un meilleur accès aux sites et aux circuits de commercialisation.
À Kolwezi, la pression est retombée, sans que le dossier soit pour autant refermé.
Depuis lundi, plusieurs secteurs de la ville, notamment Luilu, Kasulo et les abords de certains sites miniers, ont été secoués par des manifestations de creuseurs artisanaux. Barricades, pneus incendiés, véhicules pris pour cible et affrontements avec les forces de sécurité ont perturbé les activités. Des commerces et des écoles ont également fermé dans les zones les plus touchées.
Des sources de la société civile font état de plusieurs blessés pris en charge dans des structures sanitaires, mais aucun bilan officiel n’a encore été communiqué.
La nuit de mardi a aussi été marquée par le saccage et l’incendie d’un poste de police dans la cellule Dilungu, au quartier Biashara, dans la commune de Dilala. Selon le chef de quartier, Lucien Kalonda, des détenus ont été libérés avant le retour au calme.
Dans le même temps, une tentative d’apaisement politique a été engagée.
La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini, a reçu une délégation de jeunes leaders de Luilu. Au cœur des échanges : la possibilité de mettre à disposition une zone d’exploitation artisanale (ZEA) afin de permettre aux creuseurs de reprendre leurs activités dans un cadre légal.
À l’issue de la rencontre, Xavier Mujinga, président de l’association Luilu Yetu, a indiqué que l’exécutif provincial s’était engagé à accompagner les exploitants dans l’obtention des documents nécessaires à leur coopérative. Des travaux de découverture et d’aménagement du site devraient ensuite être réalisés.
Aucun calendrier n’a cependant encore été annoncé.
Les revendications restent donc entières. Les creuseurs contestent les contrôles, la fermeture de certains centres de traitement et comptoirs d’achat, mais aussi la difficulté d’accès à des zones où ils peuvent exercer légalement. Ils réclament notamment la concrétisation des 33 zones d’exploitation artisanale annoncées par le gouvernement.
Le retour au calme constitue ainsi une première étape. La suite dépendra surtout de la capacité des autorités à transformer les annonces en solutions concrètes, dans une province où l’exploitation artisanale reste une source essentielle de revenus pour des milliers de familles.
DIVINE ATANTE