RDC-Menkao | Une boulangerie financée par le Japon offre un nouvel espoir aux femmes déplacées par les violences Mobondo

À Menkao, dans la commune rurale de Maluku, à l’est de Kinshasa, des dizaines de femmes déplacées internes victimes des violences liées au phénomène Mobondo disposent désormais d’un nouvel outil pour reconstruire leur vie. Une boulangerie artisanale baptisée « Espoir et Résilience » a été officiellement inaugurée le 6 juin, avec l’ambition de favoriser leur autonomie économique et de renforcer leur réinsertion sociale.

« L’autonomisation économique est une réponse concrète à la vulnérabilité des femmes déplacées », a souligné la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, lors de la cérémonie organisée en présence de plusieurs autorités nationales et partenaires internationaux.

L’infrastructure a été mise en service par l’ambassadeur du Japon en République démocratique du Congo, Ogawa Hidetoshi. Ce projet est financé par le gouvernement japonais à travers un partenariat avec le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) et exécuté par l’Association Afla. Dotée d’une capacité de production importante, la boulangerie doit permettre aux bénéficiaires de développer une activité génératrice de revenus et de retrouver progressivement une stabilité économique.

« Redonner aux femmes les moyens de subvenir à leurs besoins, c’est leur rendre leur dignité », a déclaré un responsable du projet.

Pour les bénéficiaires, cette initiative représente bien plus qu’un simple outil de production. Elle constitue une opportunité de reprendre une activité économique après avoir été contraintes d’abandonner leurs villages à la suite des attaques et des affrontements attribués au phénomène Mobondo.

Depuis plusieurs années, les violences Mobondo ont provoqué d’importants déplacements de populations dans l’espace du Grand Bandundu et dans certaines zones périphériques de Kinshasa. Les femmes et les enfants figurent parmi les catégories les plus exposées aux conséquences humanitaires de cette crise. Dans ce contexte, les programmes d’autonomisation économique apparaissent comme un complément essentiel à l’assistance d’urgence.

Prenant la parole devant les bénéficiaires, Micheline Ombae Kalama a salué leur courage face aux épreuves traversées.

« La résilience des femmes demeure une force indispensable pour la reconstruction des communautés affectées par les conflits », a-t-elle affirmé.

La ministre a insisté sur le fait que l’accès à une activité rémunératrice contribue à réduire les risques de dépendance économique et de violences basées sur le genre.

Elle a également rappelé que cette action s’inscrit dans la vision portée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui place la promotion des droits des femmes et leur participation au développement du pays parmi les priorités de l’action publique.

« Le développement durable ne peut être atteint sans l’inclusion effective des femmes », a-t-elle soutenu.

Profitant de son déplacement à Menkao, la ministre du Genre a conduit une séance de sensibilisation consacrée aux violences basées sur le genre à l’ère du numérique. Face à la montée des cas de harcèlement, d’intimidation et d’exploitation sur les plateformes numériques, elle a invité les femmes à renforcer leur vigilance et à signaler les abus dont elles pourraient être victimes.

Cette initiative intervient alors que les autorités congolaises, les agences des Nations unies et plusieurs partenaires internationaux multiplient les actions destinées à soutenir les populations déplacées par les violences dans l’ouest du pays. Ces derniers mois, plusieurs programmes d’assistance humanitaire, de protection et de relance économique ont été déployés dans les zones touchées par le phénomène Mobondo afin d’améliorer les conditions de vie des ménages affectés.

L’ouverture de la boulangerie « Espoir et Résilience » marque ainsi une étape supplémentaire dans la recherche de solutions durables pour les victimes des déplacements forcés. Au-delà de la production de pain, le projet porte l’ambition de créer des emplois, de renforcer les capacités des femmes bénéficiaires et de favoriser leur intégration économique. Pour les partenaires impliqués, la réussite de cette expérience pourrait servir de modèle à reproduire dans d’autres localités confrontées aux mêmes défis humanitaires et sociaux.

Willy Ulengu Samuanda

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