Des kilomètres à pied, des rivières à franchir sans pont, des heures d’attente pour un bac qui ne vient jamais. Bienvenue en République Démocratique du Congo, pays continent, où se déplacer tient souvent du parcours du combattant. Le transport en commun, censé être un levier de cohésion et de développement, est devenu un cauchemar quotidien pour des millions de Congolais.
Dans les coins reculés du pays, l’infrastructure est soit absente, soit fantomatique. Routes impraticables, ponts effondrés, bacs rouillés ou inexistants. Pour rallier un centre de santé, un marché ou une école, les familles marchent des heures. Parfois pour rien.
« Le bac ne vient jamais, on attend toute la journée. C’est notre réalité », souffle un habitant d’une province enclavée.
Et Kinshasa dans tout ça ? Silencieuse, ou presque. Les autorités savent, mais tardent. Les budgets votés disparaissent, les projets annoncés s’éternisent, les solutions concrètes se font attendre. Résultat : un pays immense, isolé de lui-même, privé de mobilité, freiné dans sa croissance.
Car sans routes ni transports, il n’y a pas de commerce, pas d’accès aux soins, pas de scolarisation possible. Il y a juste l’attente. Une attente de ponts, de routes, de politique sérieuse. Une attente qui pèse sur tout un peuple.
Face à l’inaction de l’État, certaines communautés se retroussent les manches. Des ONG, des groupes citoyens, des chefs de village s’organisent pour bricoler des routes, lancer des solutions locales. Mais combien de pistes peuvent-ils ouvrir seuls, sans engins ni soutien ? Combien de temps encore pourront-ils compenser l’absence de l’État ?
À l’heure où le pays rêve d’émergence, il est peut-être temps de commencer par l’essentiel : permettre à chaque Congolais de se déplacer dignement. Il ne s’agit pas de luxe, mais de survie.
DAN BANZE IWABA