
La correction des copies de l’Examen d’État en République démocratique du Congo entre dans une nouvelle ère. Pour la première fois, le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté a recours à une technologie d’intelligence artificielle pour assister les correcteurs.
Baptisé S-Note Manager, cet outil vise à accélérer le traitement des épreuves tout en garantissant une notation plus cohérente. L’initiative, portée par le ministère, s’inscrit dans une volonté de moderniser les pratiques d’évaluation dans l’enseignement secondaire, souvent critiquées pour leur lourdeur et leur manque de fiabilité.
« L’objectif est d’améliorer la transparence du processus et de renforcer la confiance du public dans les résultats », explique un cadre du ministère ayant participé à la mise en œuvre du projet.
Concrètement, S-Note Manager permet aux correcteurs de traiter les copies de manière semi-automatisée, avec des suggestions de notation fondées sur une grille d’analyse prédéfinie. L’outil, testé cette année dans plusieurs centres pilotes, a déjà permis de réduire les délais de correction et d’harmoniser les appréciations sur des milliers de copies.
Ce projet s’inscrit dans une réforme plus large du système éducatif congolais, où la technologie est désormais vue comme un levier pour combler les écarts en matière de qualité, notamment entre les provinces.
La modernisation de l’Examen d’État pourrait ainsi ouvrir la voie à d’autres applications de l’IA dans l’éducation, notamment dans l’analyse des performances ou l’élaboration des contenus pédagogiques. Mais des défis demeurent, notamment en matière d’infrastructures numériques et de formation des personnels.
Pour le gouvernement, l’introduction de S-Note Manager marque néanmoins un signal fort : celui d’un engagement vers plus d’équité, de rigueur et de modernité dans l’évaluation du savoir en RDC.
DAN BANZE