RDC | Plus de 10 000 réfugiés sud-soudanais affluent en Ituri

À la frontière entre la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud, la chefferie de Kakwa, dans le territoire d’Aru, vit depuis deux semaines au rythme d’un afflux massif de réfugiés. Plus de 10 000 Sud-Soudanais y ont été enregistrés, selon la Commission nationale pour les réfugiés (CNR), une poussée migratoire directement liée à la flambée de violence au-delà de la frontière.

« Nous avons enregistré plus de 10 000 réfugiés en deux semaines, soit près de 2 300 ménages. Et l’enregistrement se poursuit », confie Ignace Pauni Ngoy, coordonnateur provincial de la CNR/Ituri.

Fuyant les combats entre l’armée gouvernementale sud-soudanaise et les rebelles de la SPLA (Armée populaire de libération du Soudan), ces populations franchissent la frontière avec pour seul bagage leur survie.

Mais si les combats sont restés de l’autre côté de la frontière, les répercussions humanitaires, elles, frappent de plein fouet la chefferie de Kakwa et ses familles d’accueil, déjà fragilisées par la pauvreté et l’instabilité chronique de l’Ituri.

« Ces réfugiés sont hébergés dans des familles congolaises qui peinent déjà à subvenir à leurs propres besoins », alerte Ignace Pauni Ngoy.

Dans cet environnement où la tension humanitaire est palpable, l’appel à l’aide est pressant. Le responsable de la CNR implore une mobilisation urgente des acteurs humanitaires pour éviter un drame.

« Sans action rapide, les conditions de vie de ces réfugiés risquent de se détériorer gravement, avec des conséquences potentiellement tragiques en termes de mortalité », prévient-il.

La province de l’Ituri ne découvre pas la crise humanitaire : elle accueille déjà quelque 72 000 réfugiés sud-soudanais, en plus d’un million et demi de déplacés internes, victimes des violences armées qui ravagent la région depuis 2017. L’arrivée soudaine de milliers de réfugiés supplémentaires pourrait bien faire basculer ce fragile équilibre.

À plus de 350 kilomètres de Bunia, chef-lieu souvent déconnectée des réalités périphériques, la chefferie de Kakwa devient malgré elle le visage d’une double crise : celle d’un conflit régional ignoré, et celle d’une solidarité locale qui s’épuise dans le silence.

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