
Suspendu depuis le 19 avril par les autorités congolaises pour son « silence complice » face à l’agression rwandaise dans l’Est du pays, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) de Joseph Kabila rompt le silence. Dix-huit jours après une décision controversée, le parti dénonce une mesure « injuste et illégale » et annonce la reprise immédiate de ses activités sur l’ensemble du territoire national.
Dans une déclaration officielle signée par ses cadres, dont Emmanuel Ramazani Shadary et Aubin Minaku, le Bureau politique du PPRD affirme que la décision du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, viole l’article 29 de la loi n°04/002 du 15 mars 2004 sur les partis politiques. Cette disposition juridique impose à l’autorité administrative de saisir la justice dans un délai de quinze jours en cas de suspension d’un parti. Un délai aujourd’hui dépassé, sans qu’aucun tribunal n’ait été saisi.
« Le PPRD totalise injustement dix-huit jours d’arrêt de ses activités », peut-on lire dans la déclaration.
Le parti se dit victime d’une « persécution politique » visant son fondateur et président honoraire, Joseph Kabila, sénateur à vie depuis 2019. Le texte accuse le ministre de l’Intérieur de nourrir un « vaste projet de répression » contre la famille politique kabiliste, en instrumentalisant l’appareil sécuritaire de l’État.



Le gouvernement, de son côté, avait motivé sa décision en invoquant l’inaction du parti face à l’occupation persistante d’une partie du Nord-Kivu par les rebelles du M23, soutenus par Kigali. Le mutisme du PPRD avait été qualifié d’« ambiguïté » et de « silence complice », selon le communiqué du ministère.
Mais pour le parti, cette lecture est infondée. Il revendique son attachement à la non-violence et au respect des institutions.
« Le PPRD n’est ni un mouvement insurrectionnel ni une milice », clame le document, tout en appelant ses membres à reprendre leurs activités dans le strict respect de la Constitution.
LUKEKA KALUME