Sous médiation américaine, la RDC et le Rwanda paraphent enfin le cadre d’intégration économique régionale

Sous la supervision de la sous-secrétaire d’État américaine Hooker et du conseiller principal en charge de l’Afrique de l’administration Trump, Massad Boulos, la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont finalement paraphé, vendredi 7 novembre 2025, le texte intégral du Cadre d’intégration économique régionale (CIER).

Cette signature marque une étape importante dans le processus de Washington, quatre mois après la conclusion de l’accord de paix entre les deux pays.

Selon le communiqué final du Département d’État américain, le CIER « définit les domaines clés pour favoriser la coopération et le développement économiques entre la RDC et le Rwanda, démontrant les avantages concrets de la paix et créant des opportunités d’investissement et de croissance ». Sa mise en œuvre reste toutefois conditionnée à l’exécution satisfaisante du concept d’opérations (CONOPS) et de l’ordre opérationnel (OPORD), documents stratégiques censés lier les efforts de paix à la prospérité économique.

Cette signature intervient après un mois de blocage. En octobre, Kinshasa avait refusé de parapher le texte, malgré plusieurs jours de négociations à Washington. La délégation congolaise avait alors exigé le retrait préalable des troupes rwandaises de son territoire, estimant que « la paix, la stabilité et la souveraineté nationale » étaient des préalables à tout partenariat économique durable.

Lors d’un briefing de presse à Kinshasa, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a défendu cette position :

« Lorsqu’on signe un accord, on le fait de bonne foi. Chacun doit jouer sa part. Mais pour parler d’économie, il faut d’abord créer les conditions d’une paix définitive et durable. »

Cette prudence de Kinshasa n’a pas manqué de susciter des réactions à Kigali. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a qualifié la condition posée par la RDC de « prétexte médiatique ridicule », assurant que la question sécuritaire relevait du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (MCCS) et non du volet économique.

Le CIER constitue l’un des piliers de la mise en œuvre de l’Accord de paix du 27 juin 2025, signé à Washington sous l’égide des États-Unis, du Qatar, du Togo (en tant que médiateur de l’Union africaine) et de la Commission de l’Union africaine. Il vise à renforcer la coopération bilatérale dans des secteurs stratégiques tels que l’exploitation minière, les infrastructures, l’énergie, le développement industriel, l’agroalimentaire, la santé publique et le tourisme transfrontalier.

Présenté comme le volet économique du processus de paix, le CIER ambitionne également de formaliser l’exploitation minière artisanale, de renforcer la traçabilité des minerais, et de soutenir le développement d’infrastructures régionales, notamment dans le cadre du corridor de Lobito, un projet soutenu par Washington pour relier les ressources minières du Congo à l’Atlantique.

LUKEKA KALUME 

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