
À Mbudi comme dans d’autres coins de Kinshasa, les habitants observent les engins de chantier redessiner les routes longtemps délaissées. Le bétonnage en cours, lancé fin 2023 dans les 24 communes, vise à désenclaver les quartiers populaires, fluidifier la circulation et améliorer la vie urbaine. Sur financement du gouvernement central, ces travaux devraient couvrir plus de 200 km de routes secondaires.
Le ministre des Finances l’a rappelé dimanche 13 juillet sur les réseaux sociaux : Kinshasa est en pleine modernisation, coordonnée par la Primature, avec pour priorité la voirie et la gestion des déchets. Le choix du béton, plus résistant que l’asphalte, s’explique par la durabilité recherchée face aux intempéries.
Sur le terrain, les résultats sont visibles. À Lemba, Matete, Kimbanseke ou Ngaba, la mobilité s’est nettement améliorée, selon des taximen. Les commerçants saluent aussi un regain d’activité. Plusieurs avenues stratégiques sont concernées, du boulevard Lumumba à l’avenue Gambela, en passant par le Triangle de l’UNIKIN. Seul regret, certaines routes comme celle de l’Université restent hors du circuit.
Mais des critiques émergent. Des fissures apparaissent déjà à certains endroits, des marchés publics sont attribués sans transparence, et l’absence d’infrastructures d’assainissement inquiète. Si à Mbudi, les travaux intègrent les caniveaux, ce n’est pas partout le cas. Pour beaucoup, le béton seul ne suffit pas.
Le gouvernement central fait sa part, insiste le ministère des Finances. Le suivi revient aux autorités provinciales, et la population est appelée à exercer un contrôle citoyen pour préserver les acquis.
ALBERT TSHIABA