
Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a annoncé, vendredi 29 août, que le verdict du procès de Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice poursuivi pour détournement présumé de fonds publics, sera rendu le mardi 2 septembre par la Cour de cassation.
Le porte-parole du CSM a appelé les partisans du prévenu à la retenue, mettant en garde contre tout attroupement autour de l’institution judiciaire.
Dans un communiqué officiel, le CSM a précisé que cette affaire « n’est ni particulière, ni spéciale » par rapport aux précédents dossiers jugés par la Cour, dénonçant au passage les « messages, images et vidéos » diffusés sur les réseaux sociaux, ainsi que les « manifestations publiques » organisées autour de ce procès. Les magistrats affirment vouloir se prononcer « en âme et conscience », loin de toute pression populaire.
Mais cette mise au point a immédiatement suscité une vive réaction du camp Mutamba. Ses proches dénoncent un « nouveau report » non notifié officiellement et accusent la justice de chercher à « décourager » les soutiens de l’ancien ministre. Poursuivi pour le détournement présumé de 19 millions de dollars destinés à la construction d’une prison à Kisangani, Constant Mutamba affirme qu’il se présentera à la Cour dès lundi. Ses partisans promettent, eux, de l’accompagner en nombre lors du verdict.
Ce procès très médiatisé, qui met en cause une figure politique ayant occupé l’un des portefeuilles régaliens du pays, cristallise désormais l’attention de Kinshasa. Entre appels à la discipline de la justice et mobilisation des soutiens de l’accusé, la journée du 2 septembre s’annonce sous haute tension.
LUKEKA KALUME