
L’Assemblée nationale traverse une zone de turbulences. Cinq membres du bureau, dont le président Vital Kamerhe, font l’objet de pétitions de destitution signées par plus de 200 députés. Seuls les deux vice-présidents sont épargnés. La commission spéciale chargée d’examiner ces requêtes a entamé ses auditions vendredi 19 septembre, dans un climat politique marqué par de fortes attentes.
Vital Kamerhe, entendu le premier, s’est présenté détendu devant les 22 députés composant la commission dirigée par Peter Kazadi (UDPS). Les autres membres visés – Jacques Djoli, Dominique Munongo, Chimène Polipoli et Grâce Neema – ont comparu dans la foulée. Le rapport de la commission doit être remis au bureau provisoire dirigé par Isaac Tshilumbayi, qui dispose de trois jours pour transmettre ses conclusions à la plénière. Celle-ci tranchera sur l’avenir du bureau Kamerhe.
L’opposition soupçonne derrière cette procédure une manœuvre du régime visant à fragiliser le président de la Chambre basse, avec en toile de fond la perspective d’une révision constitutionnelle. La société civile, à l’image de la Voix des Sans Voix (VSV), reconnaît la légalité de la démarche mais critique son opportunité au moment où l’Est du pays reste confronté à l’occupation de Goma et Bukavu par les troupes rwandaises.
L’ONG appelle les députés à privilégier « la cohésion nationale » et à éviter que la crise institutionnelle relègue au second plan la situation sécuritaire et sociale du pays. Elle invite également les élus visés à « tirer les leçons » des reproches qui leur sont faits, qu’ils soient maintenus ou déchus de leurs fonctions.
Cette procédure pourrait redessiner les équilibres politiques au sein de l’Assemblée nationale, à un moment où le régime doit gérer simultanément la crise sécuritaire dans l’Est et un contexte social instable.
LUKEKA KALUME