Lubumbashi | Deux maires se disputent la mairie, le Conseil d’État suspend l’arrêté ministériel

Lubumbashi, deuxième ville de la RDC, vit depuis plusieurs mois une situation institutionnelle inédite : deux responsables revendiquent simultanément le poste de maire intérimaire.

Joyce Tunda Kazadi, désignée par une ordonnance du Conseil d’État, et Patrick Kafwimbi Mumamba, nommé par arrêté ministériel du Vice-Premier ministre de l’Intérieur. Une dualité qui alimente la confusion dans la capitale cuprifère.

Pour le juriste Hubert Mashata, l’affaire ne souffre pourtant d’aucune ambiguïté : la nomination des maires relève exclusivement du président de la République, conformément au décret-loi n°082 du 2 juillet 1998. « Les actes pris par une personne sans qualité sont nuls », tranche-t-il, estimant que l’intérim de Joyce Tunda prévaut, d’autant que la décision ministérielle nommant Patrick Kafwimbi a été suspendue par le Conseil d’État.

L’avocat va plus loin et dénonce « un banditisme orchestré par le ministre de l’Intérieur », qu’il assimile à une « rébellion institutionnelle ». Selon lui, un parquet plus actif aurait déjà ouvert des poursuites judiciaires.

Cette querelle illustre, une fois encore, les fragilités de l’administration territoriale congolaise. Pour Hubert Mashata, la solution ne réside pas dans une réforme mais dans l’application stricte des textes et, surtout, dans l’organisation des élections urbaines, communales et locales prévues par la Loi électorale. Faute de quoi, prévient-il, Lubumbashi restera un « véhicule à deux chauffeurs » exposé à l’accident institutionnel.

DAN BANZE

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