Makutano 2025 | La Ière Ministre Judith Suminwa plaide pour une gouvernance crédible et des institutions modernisées

Au Makutano Forum 2025, la Première ministre Judith Suminwa a ouvert, mardi 25 novembre, le premier panel consacré à la gouvernance, en appelant à la résilience institutionnelle et à la modernisation de l’État.

« La RDC est un pays où l’histoire avance comme un fleuve puissant », a-t-elle déclaré en ouverture, rappelant que le développement du pays dépend de la continuité des réformes.

Au centre des échanges, la cheffe du gouvernement a souligné l’importance des corridors géo-économiques — Lobito, Banana, Inga — considérés comme des leviers majeurs pour l’intégration régionale et la croissance. Leur réussite, a-t-elle martelé, repose sur « la crédibilité institutionnelle » et la confiance des investisseurs.

Le panel a insisté sur un principe : l’investissement suit la confiance. Dans cet esprit, Judith Suminwa a présenté les mécanismes mis en place pour renforcer la transparence, citant le rôle du Parlement, de l’Inspection générale des finances, ainsi que le suivi hebdomadaire des indicateurs économiques. « La transparence n’est pas une option — c’est un devoir », a-t-elle rappelé.

La Première ministre a également abordé la lutte contre la corruption, affirmant qu’elle ne relève pas d’actes isolés mais d’un écosystème qu’il faut assainir.

« Certaines personnes corrompent parce qu’elles y sont contraintes, d’autres parce que c’est plus simple. Notre rôle est de faire en sorte que la voie légale devienne la voie la plus facile », a-t-elle souligné.

Dans le cadre de cette réforme, l’interconnexion entre la DGDA, l’OCC et les services fiscaux est en cours. Le croisement automatisé des données doit permettre de détecter fausses déclarations et irrégularités, dans une logique de simplification et de rationalisation administrative. La cheffe du gouvernement a également annoncé la suppression de certains services devenus obsolètes afin de réduire les coûts supportés par le contribuable.

L’objectif affiché reste la modernisation de l’administration publique : production de données fiables, contrôles renforcés et efficacité accrue des services. Ce chantier accompagne un travail de fond sur la réévaluation des ressources naturelles — mines, forêts, énergie — pour mieux valoriser les richesses nationales et consolider la souveraineté économique du pays.

La révision de la loi sur l’environnement et l’introduction du concept de « volonté verte » s’inscrivent dans la même dynamique, cherchant à concilier attractivité pour les investisseurs et protection des écosystèmes.

Le Talk 1 s’est donc clôturé sur un message d’affirmation stratégique : la RDC ambitionne de ne plus être un simple acteur périphérique, mais un pivot dans l’équilibre géo-économique mondial. Une ambition que le gouvernement associe à une gouvernance plus crédible, plus transparente et tournée vers la diversification de l’économie.

LUKEKA KALUME 

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