
L’Émir du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, est arrivé ce vendredi matin à Kinshasa pour une visite officielle en République démocratique du Congo (RDC). À son arrivée à l’aéroport international de Ndjili, il a été accueilli par le Président de la République Félix Tshisekedi et plusieurs membres du gouvernement.
Il s’agit du premier déplacement officiel d’un Émir qatari en RDC. Selon la porte-parole de la présidence, cette visite vise à « renforcer les relations bilatérales et les liens économiques » entre les deux pays.
Le séjour de Sheikh Tamim inclut des entretiens avec le Président Tshisekedi sur les questions de paix et de sécurité dans l’Est de la RDC, une région confrontée à des conflits armés persistants. Le Qatar joue en effet un rôle de médiation dans le cadre du processus de Doha entre la RDC et le groupe armé AFC/M23. L’Émir s’est rendu au Rwanda quelques jours avant Kinshasa, où il a rencontré le Président Paul Kagame.
Sur le plan économique, le ministre congolais de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, a invité le Qatar à renforcer ses investissements, notamment dans le secteur minier. Il a rappelé que la RDC attire depuis vingt ans en moyenne 2 milliards USD d’investissements directs étrangers par an et qu’elle produit désormais plus de 3 millions de tonnes de cuivre, ce qui fait du pays le deuxième producteur mondial.
Le ministre a également insisté sur l’importance d’adopter une approche régionale pour les investissements qataris, en soulignant le potentiel de la RDC comme hub central pour l’Afrique centrale, malgré son accès limité à l’océan Atlantique.
« Des projets intégrés à l’échelle régionale seraient plus rentables que des investissements isolés dans de petits pays voisins », a-t-il précisé.
Cette visite intervient après la signature, début septembre 2025, de lettres d’intention avec la société qatarie Al Mansour Holding, portant sur un portefeuille de 21 milliards USD. Daniel Mukoko Samba a exprimé l’espoir que la présence de l’Émir à Kinshasa permette d’accélérer la concrétisation de ces projets, notamment dans les infrastructures de transport, les plateformes logistiques et le secteur de l’énergie.
LUKEKA KALUME