
Près de 280 pêcheurs de Kimuabi, dans le territoire de Moanda (Kongo-Central), vivent depuis six mois dans une précarité aiguë après la confiscation de leurs équipements par la marine angolaise, en juin 2025. Leur président, Martin Kula, a lancé, lundi 1er décembre, un appel pressant au Gouvernement congolais pour une intervention rapide.
Les autorités angolaises avaient saisi 23 pirogues équipées de moteurs hors-bord, 11 moteurs, 114 téléphones portables, 11 filets et 175 pagaies lors d’une opération menée le 26 juin. Ce jour-là, 245 pêcheurs avaient été arrêtés pour « violation des limites territoriales » avant d’être refoulés plusieurs jours plus tard, grâce à l’intervention des autorités de Kinshasa. Le matériel, lui, n’a jamais été restitué.
Depuis, l’ensemble du site de Kimuabi est paralysé.
« Nous ne travaillons plus. Les familles souffrent, les enfants ne vont plus à l’école, l’insécurité augmente », rapporte Martin Kula, qui décrit un effondrement progressif des conditions de vie.
L’absence d’outils de pêche prive les habitants de leur principale source de revenus.
L’impact se ressent également sur les marchés du Kongo-Central et de Kinshasa, traditionnellement alimentés par le poisson fumé de Kimuabi. À Matadi, les commerçants constatent une flambée des prix due à la raréfaction du produit, affectant directement le panier de la ménagère.
Alors que les pêcheurs réclament la restitution de leur matériel ou une compensation, aucune issue officielle n’a été annoncée à ce stade. Les habitants de Kimuabi, eux, redoutent une crise durable si aucune mesure n’est prise rapidement.
LUKEKA KALUME