
La population riveraine de la rivière Lumbembe, dans le territoire de Tshikapa, au Kasaï, alerte sur une montée des eaux jugée inhabituelle et préoccupante. Ce phénomène, observé plus tôt que les années précédentes, complique fortement la traversée de ce cours d’eau stratégique pour les échanges économiques et l’approvisionnement en vivres, notamment dans le secteur de l’Entre-Kasaï Longatshimu.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, la Lumbembe est sortie de son lit bien avant la période habituellement marquée par les inondations, généralement attendues entre février et mars. Cette situation accroît les risques pour les usagers quotidiens de la rivière, dont la traversée demeure indispensable pour relier les zones agricoles aux centres de consommation.
Les femmes figurent parmi les principales personnes exposées. Elles traversent régulièrement la rivière pour s’approvisionner en maïs, manioc et légumes dans les zones de production environnantes. Or, en cette saison de pluies intenses, la force du courant met à rude épreuve les petites pirogues artisanales utilisées pour le passage, augmentant le risque d’accidents.
« Nous avons peur de traverser la rivière avec ces petites pirogues à cause de la puissance actuelle des eaux. Les pagailleurs doivent redoubler de vigilance et surtout éviter l’ivresse pendant les heures de travail afin d’éviter des drames et la psychose au sein de la population », témoigne un usager de la Lumbembe.
D’après plusieurs sources locales, la montée des eaux de cette rivière entraîne chaque année des pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels. Ces incidents sont souvent attribués au manque d’embarcations adaptées et sécurisées, mais aussi à des comportements jugés irresponsables de certains pagailleurs.
DIVINE ATANTE