
La Commission provinciale vérité, justice et réconciliation (CPVJR), appuyée par le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH), a organisé ce samedi 14 mars 2026, à Kananga, une réunion avec les acteurs étatiques du Kasaï-Central. Il s’agissait notamment des administrateurs de territoires, des officiers de police judiciaire (OPJ), les conseillers communaux et les Bourgmestres de communes.
L’activité, qui s’est déroulée dans la salle polyvalente du complexe scolaire La Reconnaissance, et présidée par le président de la CPVJR, l’abbé Loko, avait pour objectif de présenter l’édit portant création de la CPVJR ainsi que celui portant prorogation du mandat de cette commission, au regard de l’ampleur du travail qu’elle doit accomplir.
Cette activité s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet promotion de la justice transitionnelle pour la consolidation de la paix dans les provinces du Kasaï et du Kasaï-Central (PROJUST). Ce programme est conduit conjointement par le BCNUDH, le programme des nations unies pour le développement (PNUD) et le Haut-commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR), avec le soutien financier du Fonds des nations unies pour la consolidation de la paix.

À en croire Me Silvain Ntambue Kawanga, président de la sous-commission Justice et appui aux victimes de la CPVJR, l’objectif poursuivi à travers cet échange avec les acteurs étatiques est de préparer la phase opérationnelle de la commission.
Celle-ci consistera notamment à recueillir les dépositions afin de rechercher les causes profondes du conflit Kamuina Nsapu et de formuler des recommandations aux décideurs afin de favoriser la réconciliation et restaurer une paix durable au Kasaï Central.
Selon lui, la commission ne pouvait pas se rendre directement dans les entités territoriales pour sensibiliser la population sans que les responsables de ces entités soient informés de l’existence et du mandat de la CPVJR.

Il a également ajouté que pour atteindre les objectifs qui leur sont assignés, les membres de la commission travailleront avec les moyens du bord, estimant que la volonté demeure l’élément le plus important.
Il a, par ailleurs invité les autorités provinciales à jouer pleinement leur rôle, rappelant qu’il s’agit d’une structure provinciale. Il a enfin demandé aux acteurs étatiques d’accompagner la CPVJR dans l’accomplissement de sa mission afin de favoriser la réconciliation des populations.
De son côté, l’administrateur du territoire de Dibaya, M. Ilunga Kalonga, a salué cette initiative avec beaucoup de satisfaction. Il a souhaité que cette démarche ne se limite pas uniquement à la ville de Kananga, mais qu’elle s’étende à toute la province.
Il a également demandé que la commission facilite la restitution de ces informations au niveau des territoires. Il a pris l’engagement d’accompagner la commission et a lancé un message de paix à la population de Dibaya, territoire où les troubles avaient commencé, tout en sollicitant le soutien des autorités.

L’activité s’est clôturée par un moment d’échanges enrichissants entre les intervenants et les participants.
Anastasie Mimbolo