RDC | Marie Nyange Ndambo durcit le ton face à la pollution minière

La Ministre de l’Environnement, Marie Nyange, a lancé une offensive structurelle contre les dérives écologiques des industries extractives. Entre création d’une Task Force interinstitutionnelle et déploiement de technologies de surveillance automatisée, Kinshasa entend désormais imposer le respect des normes environnementales comme condition sine qua non de l’exploitation minière.

Le temps de la simple sensibilisation semble révolu au ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du climat. Sous l’impulsion de la professeure Marie Nyange Ndambo, le gouvernement congolais passe à l’offensive pour freiner l’impact dévastateur des activités minières sur les écosystèmes du pays. Le 9 avril 2026, une Commission interinstitutionnelle Ad Hoc a été officiellement installée pour évaluer la pollution dans les secteurs des mines et des hydrocarbures, marquant un tournant dans la gouvernance des ressources naturelles en République Démocratique du Congo.

Une surveillance technologique de pointe

Au cœur de cette stratégie figure le projet « Management MET » (Monitoring des Émissions et Traçabilité). Ce dispositif, actuellement en phase de finalisation réglementaire, repose sur le mesurage continu et automatisé des rejets miniers. L’objectif est double : obtenir des données scientifiques incontestables et garantir une opposabilité juridique pour sanctionner les contrevenants. « Les réflexions institutionnelles trouvent aujourd’hui un prolongement opérationnel structuré », souligne Patrick de Pachetere, président de SDG-Capital Convergence Ltd, dont la structure collabore sur les projets d’arrêtés ministériels.

L’arbitrage entre économie et écologie

Cette rigueur nouvelle s’appuie sur des constats alarmants effectués sur le terrain, notamment dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba. La ministre y a observé des bassins de sédimentation saturés et une contamination critique des nappes phréatiques. Pour la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, qui soutient cette démarche, l’enjeu est également diplomatique et financier. En alignant le secteur minier sur les standards internationaux (ESG et MRV), la RDC cherche à renforcer sa crédibilité auprès des investisseurs tout en protégeant ses populations.

Vers des sanctions exemplaires

La Commission Ad Hoc, qui réunit des experts de la Présidence et de la Primature, a désormais pour mission de définir une stratégie nationale de sauvegarde. Marie Nyange Ndambo a été claire : les entreprises dont la situation environnementale est jugée critique s’exposent à des sanctions sévères. Cette volonté de fermeté vise à transformer le paradigme extractif congolais, faisant de la protection de la biodiversité non plus une option cosmétique, mais un pilier central de la Nouvelle économie du climat prônée par Kinshasa.

Willy Ulengu Samuanda

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