Tshikapa | Vives contestations autour des démolitions des maisons sur les axes à urbaniser par le projet Tshilejelu

La ville de Tshikapa se transforme, mais la transformation fait mal. Depuis le lancement des travaux du projet Tshilejelu, des maisons, des boutiques, des murs entiers sont détruits. Les avenues du Stade, Likasi, Filaire et le rond-point 6 heures ressemblent à un vaste chantier.

Pour certains, c’est une bonne nouvelle : enfin, la ville bouge. Pour d’autres, c’est un choc : ils ont tout perdu, sans être indemnisés, et parfois même sans comprendre pourquoi.

Pendant des années, les habitants du Kasaï attendaient ce projet. Annoncé depuis longtemps, il n’avait jamais vraiment commencé. Les critiques pleuvaient contre les autorités, locales comme nationales. Puis, le 24 décembre 2024, tout s’est accéléré avec l’arrivée du nouveau gouverneur, Crispin Mukendi Bukasa.

Quatre mois plus tard, les pelleteuses sont bien là. Les rues s’élargissent, mais à quel prix ? Ceux qui vivaient ou travaillaient le long des routes visées n’ont pas été épargnés. Certains accusent la province d’avoir agi sans cœur. D’autres rappellent qu’un communiqué avait été publié pour prévenir : il fallait démolir soi-même les maisons construites illégalement.

Le gouverneur, lui, reste ferme. Il veut donner une nouvelle image à Tshikapa, une ville longtemps laissée à l’abandon. Il applique, dit-il, la vision du président Tshisekedi. Et pour cela, il faut avancer. Même si cela dérange.

Une phrase revient souvent : « On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. » Tshikapa est en plein chantier. Le défi maintenant, c’est que tout le monde puisse un jour en profiter.

FRANCIS KABONGO KASAKA

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