
Le prononcé de la CADHP dans un contentieux judiciaire opposant la RDC au Rwanda ne cesse de faire parler de lui.
Le gouvernement congolais, à travers le Ministere de la justice, salue de vive voix ce qu’il qualifie d’une « victoire judiciaire » après la décision de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) qui s’est déclarée compétente et de juger recevable la requête de Kinshasa contre le Rwanda. Dans ce dossier porté devant les juges de la CADHP, le Congo-Kinshasa accuse son voisin d’avoir perpétré des graves violations massives contre les droits humains sur le sol congolais.

Le ministre d’État en charge de la Justice ad intérim, Samuel Mbemba Kabuya, a devant l’opinion tant nationale qu’internationale, dit toute sa conviction selon laquelle cette décision mène droite au but de manière inéluctable à l’examen du fond en comble dudit dossier et par dessus le marché, à la condamnation pure et simplement du Rwanda.
« Cette étape que nous venons de franchir préjuge dans une certaine mesure sur le fond. C’est-à-dire que si la requête de la République démocratique du Congo n’avait pas avancé des faits avérés, si ces faits ne pouvaient pas être connus par la Cour, cette requête allait être rejetée. Donc, nous allons tout droit vers la condamnation du Rwanda », a affirmé Samuel Mbemba.
À l’en croire, cette décision revêt une double signification. De prime abord, sur le plan national, ceci dénote une victoire judiciaire, une première du genre pour la RDC, qui entre dans l’actif du « génie » et de l’ingéniosité » du président de la République Félix Tshisekedi.
« C’est depuis plus de 30 ans que le Rwanda sévit dans l’est de notre pays dans l’impunité totale.Il fallait donc qu’un homme arrive. Et c’est le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, avec son gouvernement conduit par la Première ministre Judith Suminwa », a-t-il souligné.
Deuxièmement, sur le plan international, cette décision est perçue comme un pas positif vers le rétablissement de la confiance des États envers les institutions continentales, notamment la CADHP.

En effet, outre les procédures judiciaires déjà engagées par Kinshasa contre Kigali devant d’autres instances comme la Cour de justice de l’EAC et la CPI, Samuel Mbemba s’est également félicité des efforts déployés par le gouvernement au cours de la dernière année, qui ont permis de paralyser des contentieux économiques impliquant des demandes de paiements exorbitants à la RDC.
Dapres le MinÉtat ai de la Justice, à la suite de l’arrêt de la CADHP rendu jeudi 26 Juin, le Rwanda dispose désormais de 90 jours pour présenter ses observations concernant les accusations de violation des droits des populations civiles dans l’est de la RDC. Si le Rwanda soumet ses observations, la RDC aura ensuite 45 jours afin d’y fournir une réplique appropriée.
BASILE MUYA