Officiel | Matata Ponyo s’est exilé

L’ancien Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, vit désormais en exil, a confirmé le 27 juillet à Kinshasa le secrétaire général du Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD), Francklin Tshamala. Le parti affirme qu’il a été contraint à quitter le territoire, évoquant une série d’atteintes à ses droits fondamentaux, dans un climat qu’il qualifie de « persécution politique ».

Lors d’un point de presse, Francklin Tshamala a déclaré avoir eu l’ex-Premier ministre au téléphone. Ce dernier aurait affirmé avoir quitté le pays en raison de menaces et d’un climat politique défavorable, évoquant notamment une violation de l’article 30 de la Constitution, qui garantit la liberté de circulation. Le parti n’a pas précisé sa destination, invoquant des raisons de sécurité.

Matata Ponyo a été condamné par défaut en mai dernier par la Cour constitutionnelle pour des faits de détournement liés au projet agro-industriel de Bukanga-Lonzo. Le LGD qualifie cette décision de « juridiquement inapplicable » et « politiquement motivée ».

« La justice congolaise a perdu toute indépendance », a estimé Tshamala, qui parle d’un arrêt rendu « en dehors de toutes règles de procédure ».

Le parti évoque aussi une série de pressions exercées sur la famille de l’ancien chef du gouvernement : confiscation de passeport de sa fille, interdiction de sortie du territoire pour son épouse, perquisitions musclées à leur domicile, et même une tentative présumée d’empoisonnement. Le LGD affirme également que des fonds appartenant au cabinet d’études de Matata ont été saisis illégalement.

Alors que l’exilé reste silencieux publiquement depuis plusieurs semaines, son parti assure qu’il poursuivra son engagement politique « pour l’État de droit ». Le LGD dit également soutenir les efforts de médiation engagés par des leaders religieux, appelant à une « refondation collective de l’action politique en RDC ».

La disparition de Matata Ponyo, annoncée fin mai, avait suscité des interrogations dans l’opinion. Cette prise de parole du LGD vise à lever le flou tout en durcissant le ton contre ce qu’il perçoit comme une dérive autoritaire du pouvoir en place.

LUKEKA KALUME 

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