
Le Consortium international de défense des droits de l’homme et de la paix en RDC (CIDDH-RDC), en collaboration avec plusieurs organisations de la société civile, a exprimé son opposition ferme à la candidature du sénateur Norbert Bashengezi Katintima au poste de deuxième vice-président du Sénat.
Dans une déclaration lue ce jeudi 2 avril 2026 par Jean-Christophe Mashali, au nom de la coordination , l’organisation estime que cette candidature intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par les efforts de la République démocratique du Congo pour faire reconnaître à l’échelle internationale les crimes commis sur son territoire.
Des accusations graves évoquées
Le CIDDH-RDC rappelle que le nom du sénateur Katintima figure dans le rapport Mapping des Nations Unies, qui documente les violations les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises entre 1993 et 2003 en RDC.
Selon ce rapport, l’intéressé serait impliqué, à l’époque où il était gouverneur du Sud-Kivu, dans des faits présumés d’exécutions sommaires, d’arrestations arbitraires et de disparitions forcées de civils lors d’opérations de répression dans l’Est du pays.
Ces actes, souligne l’ONG, pourraient être qualifiés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, conformément au Statut de Rome.
Des sanctions américaines en vigueur
Au-delà des faits historiques, la déclaration met également en avant des sanctions imposées par le département du Trésor américain. Norbert Bashengezi Katintima est visé par des mesures prises dans le cadre de l’Executive Order 13413, pour son implication présumée dans des entraves au processus démocratique et des pratiques de corruption électorale, notamment lors des scrutins de 2011 et 2018.
Selon le CIDDH-RDC, ces sanctions limitent considérablement les interactions financières et institutionnelles avec les partenaires internationaux utilisant le système financier américain, ce qui pourrait entraver l’exercice de ses fonctions au sein du Bureau du Sénat.
Des risques pour l’image et la diplomatie congolaise
L’organisation alerte sur les conséquences potentielles d’une telle nomination. Elle évoque notamment un risque d’isolement diplomatique du Sénat, dans la mesure où certains partenaires internationaux pourraient refuser toute collaboration officielle avec une institution dirigée en partie par une personnalité sanctionnée.
Le CIDDH-RDC estime également que cette situation pourrait affaiblir le plaidoyer de la RDC sur la reconnaissance des crimes de masse commis sur son sol, en créant une contradiction entre les revendications de justice et certaines nominations politiques.
Par ailleurs, des programmes de coopération et d’appui institutionnel pourraient être suspendus par les partenaires techniques et financiers.
Un appel à la responsabilité
Face à ces enjeux, le CIDDH-RDC appelle le Bureau d’âge du Sénat à faire preuve de « sagesse républicaine » en invalidant cette candidature, au nom de la moralité publique et de la défense des intérêts supérieurs de la Nation.
« On ne bâtit pas l’avenir d’un peuple sur le déni de ses souffrances passées » conclut cette déclaration