Mobilité urbaine | Kinshasa se dote d’un cadre légal pour réguler les taxi-motos

L’Assemblée provinciale de Kinshasa a adopté, ce vendredi 24 avril, un édit crucial visant à organiser le secteur des taxi-motos. Entre impératifs de sécurité routière et lutte contre les tracasseries policières, ce texte entend siffler la fin de la récréation dans un secteur jusqu’ici marqué par un vide juridique persistant.

L’hémorragie de l’anarchie routière à Kinshasa disposera bientôt de son garrot législatif. Sous l’impulsion de l’honorable Nicolas Wemakoy, président de la commission Politique, Administrative et Juridique (PAJ), les élus provinciaux ont adopté à l’unanimité des 22 députés présents un édit portant réglementation du transport par taxi-moto. Fondé sur l’article 203 de la Constitution et la loi sur la libre administration des provinces, ce texte de 37 articles répartis en six chapitres ambitionne de transformer un mode de transport informel en un service public structuré.

Un arsenal contre l’arbitraire

L’innovation majeure de cet édit réside dans la codification des sanctions. Jusqu’ici, le « Wewa » était souvent la proie d’amendes fantaisistes dictées par l’humeur des agents de la circulation. Désormais, l’article 29 fixe une échelle de contraventions allant de 25 000 à 50 000 CDF pour les infractions majeures : circulation à contre-sens, non-respect des signaux d’arrêt ou excès de vitesse. En clarifiant les droits et obligations des conducteurs, le législateur provincial cherche à sécuriser tant l’usager que le prestataire, tout en proscrivant des pratiques moyenâgeuses comme le transport de dépouilles mortelles sur deux roues ou la surcharge pondérale de passagers.

L’exigence de la mise en œuvre

Si l’adoption du texte a été saluée par une atmosphère de camaraderie au sein de l’hémicycle, le défi reste celui de l’exécution. L’édit insiste sur l’identification biométrique des conducteurs et leur formation obligatoire au code de la route. L’appel est désormais lancé au Gouvernement provincial et au ministère des Transports pour une application rigoureuse. « La loi doit être la seule boussole », a martelé l’initiateur du projet, rappelant que ce cadre légal appartient désormais à la communauté des motocyclistes elle-même.

Suspension et contrôle parlementaire

En marge de cette avancée législative, la plénière a connu un intermède procédural. À la demande du député Steve Mulumba, la séance a été suspendue pour garantir que les actions de contrôle parlementaire notamment une question orale adressée au ministre des Infrastructures et Travaux Publics (ITP) ne soient pas évincées par l’examen d’autres dossiers.

Les travaux reprendront le mercredi 28 avril, avec une matinée consacrée à l’apurement des dossiers en cours et une après-midi dédiée, conformément au règlement, aux questions d’actualité.

Willy Ulengu Samuanda

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