Diplomatie | Le Soudan sollicite le plaidoyer de Kinshasa face à la crise des FSR

En quête d’un soutien diplomatique accru, l’ambassadeur du Soudan en République démocratique du Congo, Osman Hussein, a appelé Kinshasa à porter la voix de Khartoum sur la scène internationale. Cette offensive de charme vise à faire condamner les exactions attribuées aux Forces de soutien rapide (FSR) au sein des instances multilatérales.

Reçu ce dimanche 10 mai à Kinshasa, le diplomate soudanais a rappelé la profondeur historique des liens unissant les deux nations depuis les années 1960. Invoquant l’implication passée du Soudan lors de la crise du Katanga sous l’ère Lumumba, Osman Hussein souhaite aujourd’hui un « juste retour d’ascenseur » diplomatique. Khartoum espère que la RDC, forte de son influence actuelle et de sa présidence à la CIRGL, devienne son porte-voix au Conseil de sécurité de l’ONU et à l’Union

Pour l’ambassadeur, le conflit qui déchire le Soudan depuis avril 2023 ne peut être traité de manière isolée. Il a mis en garde contre un « effet domino » qui pourrait déstabiliser l’Afrique centrale, le Sahel et la région des Grands Lacs. « Sans une action collective impliquant l’IGAD et l’Union africaine, l’instabilité franchira les frontières », a-t-il martelé, soulignant l’urgence d’une solution régionale coordonnée.

Avant le déclenchement des hostilités, Kinshasa et Khartoum développaient des relations stratégiques axées sur la coopération économique. En sollicitant Félix Tshisekedi, le gouvernement soudanais cherche non seulement un appui moral, mais aussi un levier politique pour isoler les milices des FSR, accusées de violations graves des droits humains. Cette démarche intervient alors que la communauté internationale peine à imposer un cessez-le-feu durable dans la Corne de l’Afrique.

Willy Ulengu Samuanda

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